Julien Faraut dynamite les codes du documentaire avec Les Sorcières de l’Orient

The season of the witchVu par Zibeline

Julien Faraut dynamite les codes du documentaire avec Les Sorcières de l’Orient - Zibeline

Célébrissime au Japon, le parcours hors normes de l’équipe de volleyball féminine nationale a cependant connu une certaine renommée hors de ses frontières. C’est en effet par la pop culture que ce récit édifiant nous est parvenu – entre autres, par de nombreux mangas dont l’inénarrable Jeanne et Serge. Ce succès fulgurant d’un collectif d’anciennes ouvrières devenues médaille d’or des JO de 1964 et enchaînant près de 260 victoires consécutives est en effet passionnant. Devenues légendaires, ces « sorcières de l’Orient » dont le surnom, choisi par la concurrence, se voulait alors péjoratif, sont devenues l’emblème d’une nouvelle image des femmes, et l’incarnation d’une nouvelle culture nippone. Plus de cinquante ans après cette incroyable ascension, les moyens ne manquent pas pour revenir sur cette histoire épique à souhait. Julien Faraut le sait, et ne s’en prive pas : en multipliant les allers-retours entre les joueuses aujourd’hui octogénaires promptes à se réunir pour de longs repas, et les images d’archives et autres extraits d’animés. La voix des joueuses accompagne le récit, le montage donne ce qu’il faut de peps au déroulé historique en multipliant les citations et gimmicks sonores empruntés au cinéma de yakuza et de samouraï. Le tout se tient particulièrement bien, grâce au ménagement de l’action mais aussi de l’émotion, tangible, des protagonistes encore habitées par le souvenir.

 

SUZANNE CANESSA
Julien Faraut, Les Sorcières de l’Orient, 1h40, sortie le 28 juillet