«The Last tree», film en partie autobiographique de Shola Amoo

The Last TreeVu par Zibeline

«The Last tree», film en partie autobiographique de Shola Amoo - Zibeline

Le jeune Femi court à travers les champs avec ses amis blancs à Lincolnshire, au sein du « Clan des Loups » : des images aux couleurs d’une enfance heureuse auprès de sa mère adoptive, Mary, une douce femme blonde (Denise Black) qui prend des enfants sous son aile « parce qu’ils la rendent fière ». Il fréquente une école où, entouré de Blancs, il se sent bien. Jusqu’au jour où sa mère biologique, Yinka (Gbemisola Ikumelo) vient le récupérer et, malgré la promesse de Mary de le garder auprès d’elle, l’emmène à Londres. Elle a réussi à trouver un appartement pour eux deux, dans une banlieue. Fini la campagne ; c’est à présent dans un immeuble que va vivre Olufemi Olawale, comme tient à l’appeler Yinka. Olufemi signifiant « Dieu m’aime » en yoruba, une des trois langues du Nigéria. Sa manière de l’élever est radicalement différente, beaucoup plus autoritaire, et le jeune garçon, coupé de toutes ses racines, ne se sent pas à sa place et souffre en silence.

Construit en trois parties, le film de Shola Amoo, The Last Tree, nous fait suivre le trajet de vie de ce jeune garçon, adolescent en pleine crise d’identité, qui rejette sa mère, se met à fréquenter des délinquants, retrouvant sans doute en eux le Clan des loups. Un jeune homme en colère, qui n’a trouvé aucun autre moyen pour survivre que se battre, y compris avec un de ses professeurs (Nicholas Pinnock), qui cherche pourtant à l’aider. Revoir Mary, défendre Tope (Ruthxjiah Bellenea) dont il tombe amoureux et qui a elle-aussi des problèmes de race, d’identité et de mauvais traitements à l’école lui permettra-t-il de s’en sortir ? Un voyage à Lagos avec sa mère lui fera découvrir son histoire et ses racines…

The Last Tree est loin d’être le premier film traitant des difficultés d’un adolescent partagé entre les études et la délinquance, le rejet de la famille et le lien affectif, la violence et le sentiment amoureux naissant. Mais grâce à la photographie de Stil Williams, sa palette de couleurs, ses mouvements de caméra, grâce au jeu des acteurs, que ce soit Tai Golding pour Fémi enfant ou Sam Adewunmi l’adolescent, on peut trouver un certain charme à ce film en partie autobiographique.

ANNIE GAVA
Mars 2021

The Last tree de Shola Amoo, sortie le 25 mars uniquement en VOD sur plateformes numériques, dont Universciné, Orange, Itunes.

Photo : The Last Tree © Destiny Films