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Retour sur la 11e édition du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt du 8 au 14 novembre

Terre de découvertes

• 8 novembre 2013⇒14 novembre 2013 •
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Retour sur la 11e édition du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt du 8 au 14 novembre - Zibeline

La programmation riche et variée de la 11e édition du Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt a séduit un public, intéressé et fidèle. Une atmosphère chaleureuse, des rencontres entre les réalisateurs invités et les spectateurs toujours denses, des débats animés avec efficacité par Olivier Barlet, on en oublie la pluie et la grisaille de l’automne.
Les films, fictions ou documentaires, ne sont pas toujours faciles à recevoir. Certains sont de vraies «claques» comme Ça ira mieux demain, un des deux films de femme cinéaste programmés. On sait qu’un des enjeux du cinéma documentaire est de donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais. Aïda est de ceux-là : femme divorcée, mère de quatre enfants dont l’aîné souffrant de troubles psychologiques sérieux, une femme en colère, qui essaie de trouver un travail, un toit, en pleine révolution tunisienne, prête à tout pour y parvenir, y compris à démolir un mur de ses propres mains ! La cinéaste, Hinde Boujemaa, a réussi à l’approcher, à gagner sa confiance et à la filmer dans des moments d’intimité, où l’émotion la gagne, sans voyeurisme ni misérabilisme. C’est avec la même émotion qu’on fait la connaissance d’Ernestine Ouandié, la fille d’un indépendantiste camerounais, et qu’on l’écoute raconter son enfance douloureuse dans Une feuille dans le vent de Jean-Marie Téno qui présidait le Jury lycéens courts métrages.
Le jury lycéens longs métrages de fiction, présidé par Amine Chiboub, a choisi C’est eux les chiens, le deuxième film de Hicham Lasri, après The End, tourné avec une caméra «youtubienne», comme le précise le cinéaste, un opus étonnant. Premier plan, un porte-voix sans visage crie des slogans… silencieux. Devant une équipe de télévision publique, déjantée,  qui réalise un reportage sur les mouvements sociaux au Maroc, surgit du passé un homme hébété (remarquablement interprété par Hassan Badida), aux traits émaciés, statique au milieu d’une foule qui manifeste. Il tient à la main un stabilisateur (destiné au vélo de son fils) qu’il ne quittera pas des mains jusqu’à la fin du film, qui contraste avec l’état chaotique du pays. C’est un revenant des «raflés de 1981», lors des émeutes du pain. Trente ans plus tard, il veut retrouver sa femme et ses enfants. L’équipe de TV, le trouvant intéressant comme sujet, décide de l’accompagner dans sa quête. L’habileté de Hicham Lasri est de promener le spectateur dans les rues de Casablanca, une ville en pleine ébullition, entre documentaire et fiction, l’incitant à s’interroger sur le rôle des médias et les défaillances de la mémoire collective.

ANNIE GAVA

Novembre 2013

C’est eux les chiens de Hicham Lasri sortira en salles le 5 février

Africapt, le Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt, a eu lieu du 8 au 14 novembre

Palmarès
Long métrage de fiction
Prix du jury lycéen : C’est eux les chiens de Hicham Lasri
Mention spéciale : Malak d’Abdeslam Kelai
Long métrage documentaire
Prix du jury lycéen : Electro Chaabi de Hind Meddeb
Mention spéciale : Atalaku de Dieudo Hamadi
Court métrage
Prix du jury lycéen : Les souliers de l’Aïd d’Anis Lassoued
Mention spéciale : Margelle d’Omar Mouldouira

Photo : C’est eux les chiens de Hicham Lasri © Nour films

 


Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt
12 place Jules Ferry
84400 Apt
07 82 64 84 99
http://www.africapt-festival.fr/