Vu par Zibeline

LEV Dance Compagny au Pavillon Noir d'Aix-en-Provence le 31 octobre

Tensions sans relâchements

LEV Dance Compagny au Pavillon Noir d'Aix-en-Provence le 31 octobre - Zibeline

La saison France/Israël continue au Pavillon noir, qui a accueilli la compagnie de Sharon Eyal et Gai Behar, LEV Dance Compagny. La chorégraphe a travaillé comme danseuse et directrice artistique associée à la célèbre Batsheva Dance Compagny durant une douzaine d’année, son compagnon est une figure de la vie artistique et nocturne de Tel-Aviv. Leur rencontre en 2012 les a engagés dans un travail créatif commun.

Sharon Eyal a d’ailleurs déclaré que tout ce qu’elle avait fait avant ne compte pas, une exagération qui souligne l’exigence de sa recherche. Elle a en effet développé un vocabulaire particulier qui joue beaucoup sur les articulations et les tensions du corps. Peu de relâchement, pas d’abandon. Les cinq danseurs sont soumis à rude épreuve : rapidité des rythmes, distorsions, déséquilibres parfaitement maîtrisés.

Aucun répit durant 55 minutes. Le début de la pièce se situe dans le noir, quatre corps se détachent en ombres chinoises sur le fond légèrement éclairé. Les mouvements sont très lents, des sons se succèdent comme des coups de marteau. Peu à peu surviennent d’autres sons, plus musicaux, en même temps que se lève la lumière. Les danseurs, trois filles et un garçon, sont vêtus de maillots gris clair, curieusement peu ajustés, évoquant plutôt des sous-vêtements relâchés, et de chaussettes hautes et noires.

Leurs déplacements, presque toujours sur demi-pointes, s’accélèrent avec d’impressionnants lancés de bras vers l’arrière, mettant certainement leurs articulations de l’épaule à rude épreuve. Les mains s’agitent jusqu’au bout des doigts et pointent parfois un index accusateur. Les jambes s’écartent sur genoux pliés, les torses s’incurvent à l’arrière, la tension est constante avec mouvements saccadés et petits déhanchements qui désarticulent le corps.

Un cinquième comparse survient, plus robuste que les autres. Son vocabulaire est par moments un peu plus sensuel, surtout quand une voix s’ajoute à la musique. Une main s’attarde… Mais ces corps en souffrance n’ont pas le choix, portés par la musique répétitive et rythmée jouée en live par Ori Lichtig. Un spectacle éprouvant dont on gardera la trace. Certainement.

CHRIS BOURGUE
Novembre 2018

Love Chapter 2 de Sharon Eyal et Gai Behar s’est donné le 31 octobre au Pavillon noir, Aix-en-Provence

Photo : Love Chapter 2 c André Le Corre


Pavillon Noir / Ballet Preljocaj
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