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Vu par Zibeline

Volmir Cordeiro en symbiose avec Washington Timbó à Châteauvallon, scène nationale d'Ollioules

Tempête sous le crâne de Volmir Cordeiro

Volmir Cordeiro en symbiose avec Washington Timbó à Châteauvallon, scène nationale d'Ollioules - Zibeline

« Buvez la vie à grands traits – Il sera toujours trop tôt – Quand vous devrez la quitter » scande Volmir Cordeiro dans sa lecture et son solo Rue qui clôt son triptyque composé de Ciel et d’Inês. La phrase de Bertolt Brecht tirée de Sermons domestiques, comme d’autres textes courts et épigrammes, tissent la matière de sa danse : du geste au mot et du mot au mouvement, le chorégraphe brésilien associé au CND de Pantin depuis 2017 met en mots ses gestes dansés dans des textes révélant à quel point le geste, le dire et l’écriture sont indissociables. Il a d’abord cherché des histoires de son pays natal autour du thème de la guerre et du combat, mêlées à des textes plus festifs. Puis, dans les loges, il s’est mis « à soulever des images et des mots », sur scène à danser et à dire, puis à écrire à nouveau et à danser encore. À Châteauvallon, accompagné par le percussionniste Washington Timbó, sa lecture a levé le voile sur son process de création et annoncé implicitement le rythme et la saveur de son solo, brut, rugueux, explosif, inclassable. Des éclats percussifs, des figures débridées, des citations résonnent entre la lecture et la danse, d’une même intensité douloureuse à l’évocation de la tyrannie, la dépossession, la torture, les voitures blindées. D’une même légèreté joyeuse quand il martèle au pupitre « Ce soir c’est pour la fête, ce soir c’est pour la tempête ! », le visage accueillant et les gestes amples, ou crie dans le studio en bermuda de bain et bonnet rose. Yeux, genoux et paumes de mains fardés de rouge, Volmir Cordeiro laisse exploser son corps, sa voix, sa ferveur, en symbiose avec Washington Timbó. Se succèdent à la vitesse de la lumière postures expressives, figures classiques, danse de rue, grimaces carnavalesques (yeux exorbités et bouche béante), bruits de gorge, frappes, mouvements saccadés contrebalancés par d’autres remarquablement fluides. Avec quelques fulgurances de douceur dans une réalité mortifère.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Mars 2018

Lecture et Rue ont été donnés le 27 mars à Châteauvallon scène nationale, Ollioules


Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com