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Vu par Zibeline

La chorégraphe et danseuse canadienne Louise Lecavalier époustoufle son public

T.H.V. (Très Haut voltage) !

La chorégraphe et danseuse canadienne Louise Lecavalier époustoufle son public - Zibeline

C’est une claque magistrale infligée au public sidéré, tenu en haleine par la performance de Louise Lecavalier. Une heure durant, la chorégraphe et danseuse canadienne mène Mille batailles avec l’espace dans une quête de liberté totale, forte de ses expériences et de sa mémoire. Car le démon de la danse dans le corps ne l’a pas quittée ! À 59 ans, toujours sur le qui-vive, elle combat en jet continu à un rythme infernal dans un espace graphique architecturé par les combinaisons lumineuses. Propulsée vers l’avant, elle libère la parole du corps en neuf rounds bien trempés, d’abord en solo puis en duo avec Robert Abubo, magnifique contrepoint, fondus ensemble dans le paysage sonore créé par Antoine Berthiaume. Jambes scotchées en un X majuscule qui force l’admiration, elle ne cesse de se déplacer à petits pas glissés, sautillants, telle une pile électrique. Imperturbable. Seuls le buste et la tête cagoulée oscillent en tous sens, battent « des ailes ». Son énergie décuplée ne se démentit jamais car l’immobilité ne fait pas partie de son vocabulaire chorégraphique, excepté quelques brefs moments de communions extatiques avec son complice dans le ralenti et l’effleurement. À contrario elle conjugue à tous les modes la vitesse, la course, les tremblements convulsifs, l’endurance, la fluidité, les saccades. Inspirée par la figure du Chevalier inexistant d’Italo Calvino, elle additionne et enchaîne mille et une figures hallucinantes sur un ring transformé en terrain d’expérimentations : le mur du décor comme point d’accroche du corps suspendu ou collé, le sol comme point d’appui de la tête. Au dernier round, enlacés en roulades enroulées, on les croit anéantis, certainement pas : encore un dernier sursaut, une dernière salve avant de trouver le repos du guerrier. Louise Lecavalier reconnait que « la danse est venue (la) chercher et qu’elle a beaucoup de chance ». Nous aussi.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Avril 2018

Mille batailles a été donné le 29 mars à Châteauvallon – scène nationale, Ollioules et le 27 mars au Théâtre de l’Olivier, Istres

Photo : -c- André Cornellier


Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com