L'Odéon fait le plein à Marseille avec un succès d'Offenbach : La Périchole !

Sur un air de bonheur !Vu par Zibeline

• 2 avril 2016⇒3 avril 2016 •
L'Odéon fait le plein à Marseille avec un succès d'Offenbach : La Périchole ! - Zibeline

Aller à l’Odéon pour écouter une opérette c’est prendre une gifle de fantaisie, respirer un air de bonheur, sortir avec avec la banane et des rengaines plein la tête ! Les 2 et 3 avril, la troupe d’acteurs, chanteurs, choristes et solistes sur scène, instrumentistes massés en grappe dans la fosse, sous la baguette de Jean-Pierre Burtin, jouent un classique d’Offenbach : La Périchole. Dans une mise en scène favorisant l’effet comique, mais sans lourdeur ou vulgarité malvenue, Jean-Jacques Chazalet reprend du service dans un théâtre qu’il a longtemps animé. Il nous entraîne dans un Pérou de carton-pâte, coloré, où les auteurs Meilhac et Halévy ont transposé leur récit, acerbe et satirique : s’y croisent chanteurs ambulants, miséreux, et des dignitaires de la cour, immoraux ou corrompus. Le peuple y est sous contrôle d’un régime qui envoie sans ciller les gêneurs au cachot. Mais tout cela est drôle, comme il se doit à l’époque, pour faire avaler la singerie de la noblesse d’Empire !

La musique d’Offenbach, empanachée, véritable machine à fabriquer des tubes, tel le célèbre refrain « Il grandira.. il grandira.. il grandira car il est espagnol gnol gnol gnol…. », se joue des mots, se moule dans le comique des situations, mais aussi la tendresse de certaines scènes, comme lorsqu’elles expriment l’amour sincère et pur qui unit La Périchole et Piquillo. Le couple de saltimbanques est, du reste, remarquablement interprété par Emmanuelle Zoldan, belle et fière mezzo, fuyant la gouaille superflue, et un jeune ténor au timbre solide et clair, espèce de « mozartien » perdu sur les « Champs-Élysées » : Rémy Mathieu. Leur élégance musicale fait mouche alors qu’en face d’eux, se démène un artiste à la carrure exceptionnelle, sur-dimensionnée pour le lieu : Alexandre Duhamel. Le baryton-basse en fait des tonnes, déborde, comme sa voix tonitruante : son personnage de vice-roi a le rire des méchants, la bonhomie donjuanesque, et la cruauté du tyran… heureusement clément au final ! Dominique Desmons et Jacques Lemaire incarnent des Dupont/Dupond volontiers Satanas et Diabolesques, alors que les « trois cousines » Virginy Fenu, Violette Polchi et Valentine Lemercier, sont tout sourire et fraîcheur… et possèdent de surcroît des voix luxueuses. Antoine Bonelli et Michel Delfaud excellent dans la farce et le Chœur Phocéen préparé en coulisse par Rémy Littolff, très présent dans l’ouvrage, agrège son dynamisme au plateau en l’enrobant d’une pâte polyphonique goûteuse et bigarrée. L’Orchestre du Théâtre de l’Odéon donne, pour sa part, du rythme et du corps à la production ! On ne dira jamais assez quelle chance on a, à Marseille (et son théâtre est plein!), seule ville de France à proposer une véritable et fastueuse saison d’opérettes, de vivre ces moments-là : pour combien de temps encore ?

JACQUES FRESCHEL
Avril 2016

La Périchole d’Offenbach, les 2 et 3 avril. Odéon

Photo : Christian Dresse

Prochainement : Trois Valses d’Oscar Straus les 23 et 24 avril

L’Odéon
162 La Canebière
13001 Marseille
04 96 12 52 70
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