La Compagnie Le Piano ambulant nous a mis délicieusement KO à la chapelle du Méjan

Sur le ring, reprise en quatre roundsVu par Zibeline

• 2 février 2014 •

Ils ont osé : Wagner en avait tiré sa tétralogie, quatre drames lyriques en quatre journées inspirés par la mythologie germanique de Siegfried et le mythe des Nibelungen pour construire sa légende, librement remaniée, de L’Anneau du Nibelung. Encore plus fort que la réduction du Ring de G. Vick et J. Dove (1990) montée en 2011 par Peter Rundel et Antoine Gindt et concrétisé par Ring Saga : La Compagnie Le Piano ambulant nous a plié en deux heures chrono son spectacle Sur le Ring raisonnablement sous-titré Regards sur la tétralogie de Wagner. Hérésie par un ensemble de six instrumentistes (piano, flûte, hautbois et cor anglais, violon, violoncelle et guitare basse) déjantés, accompagnés de leurs metteurs en scène André Fornier et en son Antoine Colonna ? Certainement pas malgré la dose inévitable d’inconscience pour un tel projet. Plutôt de la passion, du réalisme et une connaissance certaine afin de nous faire partager une (re)lecture en diagonale de l’œuvre où les parties lyriques sont remplacées par des interventions récitantes avec traitements sonores kitsch et communicatifs. Dès l’ouverture du prologue et son spectre harmonique de mi bémol miraculeusement assumé par les instrumentistes-récitants, les parties instrumentales emblématiques s’enchaînent pour illustrer avec bonheur et conviction cette course à l’or et au pouvoir où les digressions, tel cet écrit pamphlétaire de Tolstoï, semblent encore mieux justifier l’évocation des murmures de la forêt qui nous mène progressivement à la quête finale et rédemptrice de l’amour musicalement sonnée… Délicieusement KO.

P-A HOYET
Février 2014

Soirées et Matinée musicale d’Arles le 2 février à la chapelle du Méjan

Association du Méjan
Place Nina-Berberova ­
BP 90038
13633 Arles cedex
04 90 49 56 78
http://www.lemejan.com/