« Marche en plein ciel » de Gwenaëlle Abolivier, hommage à Stevenson paru aux Éditions Le mot et le reste

Sur la piste de StevensonLu par Zibeline

« Marche en plein ciel » de Gwenaëlle Abolivier, hommage à Stevenson paru aux Éditions Le mot et le reste - Zibeline

Sans qu’elle le dise clairement, Gwenaëlle Abolivier a brusquement décidé de fuir les contraintes du confinement en se lançant dans une marche à travers les Cévennes pour retrouver le contact avec la nature et la liberté de penser. Pour bagage, un sac à dos et un carnet de notes. Cependant son récit n’est ni un guide touristique, ni un carnet de voyage – elle ne cite que rarement le nom des villages traversés -, c’est plutôt un recueil de réflexions et de descriptions de la nature vivante. Aux sons de ses pas qui martèlent le sol, son regard se nourrit de ce qui l’entoure, de l’insecte bourdonnant à l’oiseau dans le ciel, comme le milan, « grand voilier aux longues ailes rousses ».

À 11 ans, elle avait découvert la marche durant une randonnée en colonie de vacances. Depuis elle a toujours voulu recommencer. Dans les Cévennes elle met ses pieds dans les traces laissées par les anciens et dans celles de Robert Louis Stevenson, cet auteur écossais qu’un amour contrarié a lancé sur les chemins en 1878, faisant de lui le pionnier des écrivains de la Beat Generation.

Doit-on la croire quand elle dit avoir croisé un homme qui a soudain mis la clé sous le paillasson pour partir lui aussi à l’aventure, et qu’il a rencontré une ânesse en mal d’affection ? Peu importe. Ce personnage lui permet de développer la courte carrière de Stevenson, qui a fui la raideur de l’époque victorienne et découvert l’importance de la marche et son rapport avec les mots. Car le rythme pédestre et l’ivresse de l’air pur font naître la pensée et alimentent l’imaginaire.

C’est ainsi que l’auteure évoque les marcheurs pour des causes comme le climat, l’écologie, l’égalité, en grandes foules, ou des migrants à la recherche d’un Eldorado. La marche permet aussi de se relier aux hommes premiers qui ont foulé ces territoires, et tout autant de se sentir faisant partie d’un grand Tout. Gwenaëlle Abolivier nous le dit avec des mots simples et évocateurs nés sous ses pas, les yeux dans le bleu du ciel.

CHRIS BOURGUE
Février 2022

Marche en plein ciel
Gwenaëlle Abolivier
Éditions Le mot et le reste, 13 €