L’Opéra au Village : un condensé de bonne humeur et de qualité

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L’Opéra au Village : un condensé de bonne humeur et de qualité - Zibeline

Une petite note de nostalgie, de l’humour, une convivialité charmante, des lieux privilégiés… Point final à douze ans du festival L’Opéra au Village, (18 ouvrages lyriques représentés, soixante-cinq chanteurs, dont nombreux ont commencé ici des carrières aujourd’hui internationales), le dernier spectacle d’opéra assorti de sa formule dîner sous les arbres offrait un délicieux florilège d’airs interprétés les éditions précédentes dans l’écrin accueillant du Couvent des Minimes de Pourrières, mis à disposition par Jean de Caspari. Pas de tristesse dans ces demi adieux, « l’aventure continue » sourit Susy Charrue-Delenne, directrice du Festival, un concert par mois, un partenariat avec l’association Voyons Voir, et l’accueil en résidence de l’artiste plasticien Yazid Oulab, un voyage musical et littéraire prévu lors des journées du patrimoine (16 septembre) autour du poète pourriérois, Germain Nouveau

opéra au village 2017

Pour l’heure, le public ravi, retrouvait l’écho de soirées passées, grâce à Off n’Back, fantaisie lyrique concoctée par Bernard Grimonet, “dénicheur d’œuvres jamais jouées ou ignorées”, sous la direction musicale de Luc Coadou. Année 3527, après la troisième guerre des clones, un archéo-musicologue (Luc Coadou), accompagné de son équipe, le fidèle Sancho, -charentaises aux pieds, gilet de travaux publics et chapeau digne de ceux du chapelier d’Alice au Pays des Merveilles-,  à qui il est demandé de garder « son sang-froid », et la délicieuse Isabella (Isabelle Terjan) qui déshabille littéralement le piano découvert dans les ruines d’un couvent (sic) et jouera, avec allant et précision, les improbables partitions dénichées dans un coffre abandonné. Ici et là, les costumes des gloires passées, exposés sur des mannequins, témoignent de la richesse inventive des représentations. L’architecture du couvent devient décor, les personnages apparaissent aux fenêtres, se dissimulent dans le déambulatoire, dévalent les escaliers… justesse équilibre des voix, expressivité sont au rendez-vous. Anne-Claire Baconnais (soprano), Yete Queiroz (mezzo-soprano), Mikhael Piccone (baryton), Denis Mignien (ténor), Cyril Costanzon (basse), se prêtent au jeu, à l’esprit potache et facétieux de l’ensemble. Les partitions perdues (oui, Indiana Jones n’est pas loin !) sont retrouvées grâce au « luminix » ! Les chanteurs du passé s’éveillent et font assaut de roucoulades, dans une surenchère cocasse. Et voilà de petits bijoux signés Florimond Ronger Hervé, Charles Gounod, André Grétry, Georges Bizet, Jean-Michel Bossini, Emmanuel Chabrier, Léo Delibes, Jacques Offenbach ! On communique par le biais d’un antique téléphone avec Pauline Viardot… dont on se remémore Le dernier sorcier. Bissé, trissé, le spectacle s’achève dans une joyeuse allégresse, avec Les Papas-Toutous (Offenbach), sans aucun doute, l’hymne de cette dernière édition de L’Opéra au Village, repris en chœur par le public. Un fleuron de l’été qui va nous manquer !

MARYVONNE COLOMBANI
Juillet 2017

Off n’ Back a été donné les 14 et 15 juillet, Couvent des Minimes, Pourrières

Photographies © MC