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Vu par Zibeline

Mo de Marie Vauzelle et Selman Reda au Théâtre de Fontblanche

Sous le signe du coquelicot

• 15 mars 2019 •
Mo de Marie Vauzelle et Selman Reda au Théâtre de Fontblanche  - Zibeline

Atypique objet que le nouveau spectacle jeune public concocté par Marie Vauzelle et Selman Reda, Mo. Entre technologie sophistiquée, électronique, vidéo (Raphaël Dupont), effets spéciaux dans la lignée de Méliès, projections, bidouillages, castelet, rochers, sable, eau, dessins (Olivier Durand), maquettes, jonglage, danse, théâtre, magie, l’esprit de classification se perd ! Dans la pénombre propice aux contes, débute l’histoire : un jeune garçon escalade vainement une grille que maintiennent des marionnettistes. Il se présente, « je m’appelle Mo », et raconte. Ce seront les seuls mots prononcés. Le récit s’éclaire par les gestes, les images, les musiques, les sons. Les titres de chaque étape, Départ, Traversée, La grande ville du Nord…, reprenant l’esthétique du cinéma muet, se dessinent sur le grand écran de fond de scène sur lequel sont projetés, saisis tour à tour par l’une des quatre caméras du dispositif, les gestes effectués sur le plateau, mêlés aux décors du petit castelet. Place est laissée à l’imaginaire, Mo (Mawunyo Agbenoo) danse, rit, insouciant dans son village, rêve peut-être d’un ailleurs lorsque ses pensées s’égarent auprès de la belle jeune fille au coquelicot de la publicité qui orne les flancs d’un camion de passage. Mais ce sont les bruits de la guerre qui le chassent de son Eden. On le suit alors dans sa longue marche, ses tentatives de franchir des clôtures vertigineuses, de traverser la mer… Secouru par un navire, il accède enfin à l’Europe (on a suivi la progression de son trajet sur une carte), seul au milieu d’une foule de gens pressés. C’est alors que la jeune fille au coquelicot reparaît, magie d’un coin de parapluie partagé, jeux, découverte de l’autre… Sans-papiers, le jeune homme est renvoyé par avion et la magie du thérémine (Julien Kamoun) donne des ailes à la jeune fille qui le rejoint… Les subtiles lumières de Séverine Monnet baignent l’ensemble dans une poésie tendre qui gomme l’insoutenable mais pousse chacun à réfléchir. Les enfants de la représentation scolaire y sont sensibles et se passionnent. Une belle approche (qui doit prendre encore ses marques) des tragédies d’aujourd’hui, juste et tout en finesse.

MARYVONNE COLOMBANI
Mars 2019

Mo a été joué le 15 mars au Théâtre de Fontblanche, Vitrolles

Photo: Mo c Cie Mab


Théâtre Fontblanche
Allée des Artistes
13127 Vitrolles
04 42 75 25 00
http://www.vitrolles13.fr