Sous la protection de MétisVu par Zibeline

 - Zibeline

À Miramas, des Nuits Métis immunisées par une vague de liberté.

Après une édition 2020 revisitée en escales itinérantes dans les quartiers de Miramas, Nuits Métis a gardé le meilleur de son année chamboulée par le Covid : encore plus de concerts, étalés sur trois fins de semaines et autant de sites dont le Plan d’eau Saint-Suspi, écrin habituel de la manifestation. C’est sur ces flots calmes qu’à la tombée du jour est présentée l’Odyssée de la déesse Métis, une création sonore « maison » dédiée à la divinité grecque dont le festival porte le nom. Voguant de mystère en découverte, ce récit en musique et poésie célèbre la sagesse, la ruse et la métamorphose, qualités que la mythologie attribue à la première épouse de Zeus et mère d’Athéna. Une ode à la réinvention en quelque sorte. Fidèle au rendez-vous, la Batucada de la famille Géant a réuni musiciens professionnels et amateurs pour une déambulation carnavalesque de la berge à la scène. Privilégiant le public populaire et familial local, l’association Nuits Métis a opté pour une jauge en dessous des 1000 spectateurs afin de ne pas décourager les personnes ne pouvant présenter le passe sanitaire. L’opportunité pour les présents d’apprécier de manière encore plus intimiste les saltimbanques programmés en ce 9 juillet. La soirée débute avec L’Anima Lotta, qui nous emporte pour une expédition musicale avec pour point d’amarrage la Sicile, terre des origines de la chanteuse Carine Lotta. Capitaine d’un équipage muni d’un banjo (Renaud Matchoulian), d’une batterie (Luca Scalambrino) et d’un soubassophone (Daniel Malavergne), la Marseillaise navigue sur une mer agitée, brassant chants traditionnels, folk, rock et world aux couleurs de la Méditerranée. Telle une meneuse de revue punk, Carine Lotta est tout aussi à l’aise dans les interprétations exaltées que dans un registre plus contenu. Aux Nuits Métis, l’entre-deux concerts n’est pas un entracte. Conçue en période de confinement, la dernière création de la Cie Archibald Caramantran, Rhinocéros, convie les arts du cirque, de la marionnette, la danse et la musique. Un conte poético-fantastique entre King-Kong et Ionesco. De la poésie encore avec Lo’Jo, sur les routes transfrontalières depuis bientôt quatre décennies. Venu présenter son seizième album, Transe de papier, le groupe fondé par Denis Péan (chant et clavier) affiche toujours la même conviction à défendre un monde multiculturel et fraternel. Un monde à construire et à rêver qui, depuis le stand de l’association de sauvetage en mer, laisse songeurs les bénévoles de SOS Méditerranée.

LUDOVIC TOMAS
Juillet 2021

Photo Nuits Métis ©Léa Ambrogiani

Nuits Métis se poursuit du 29 au 31 juillet, à la Ferme Richard – Plan d’eau Saint-Suspi, à Miramas

À venir

29 juillet : Stratch, Mime

30 : Mariaa Siga, Giramundo

31 : Duval MC, Faliba

festival.nuitsmetis.org