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Vu par Zibeline

Les chefs-d’œuvre de la collection Burrell, à voir jusqu'au 23 septembre au Musée Cantini de Marseille

Sir William Burrell, un collectionneur éclairé

• 18 mai 2018⇒23 septembre 2018 •
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Les chefs-d’œuvre de la collection Burrell, à voir jusqu'au 23 septembre au Musée Cantini de Marseille - Zibeline

Après six mois de fermeture pour travaux et mise en sécurité, le musée Cantini ouvre ses portes pour accueillir 58 peintures et dessins de la collection Burrell. Un événement qui, avec Picasso Voyages imaginaires, marque le retour de Marseille sur la scène internationale.

L’Aumône d’un mendiant à Ornans de Gustave Courbet introduit l’exposition des œuvres françaises de la collection de Sir William Burrell (1861-1958), exposées pour la première fois hors de leur villégiature en Écosse. Interdite de traversée par l’armateur lui-même qui en fit don en 1944 à la ville de Glasgow – à condition de choisir des espaces verts protégés de toute pollution -, celle-ci franchit le Channel dans le cadre du jumelage entre Marseille et Glasgow. Une coopération majeure pour la ville qui profite de la présence des toiles de Boudin, Daumier, Degas, Cézanne, Fantin-Latour, Monet, Manet, Pissarro et Monticelli pour exposer simultanément un précipité de la collection du musée des Beaux-Arts avant son redéploiement à l’automne. Où l’on croise, comme dans un jeu de miroir, d’autres pièces des mêmes artistes…

La peinture française se taille une place de choix dans ce corpus de plus de 8000 œuvres composé de tableaux, porcelaines, vitraux, etc. de toutes les époques et de tous les continents. Rien d’étonnant, Paris était à cette époque le phare de l’art contemporain, avec ses « classiques » et ses « précurseurs ». Qui plus est, en cette fin du XIXe siècle, Glasgow et Marseille se plaçaient économiquement au deuxième rang de leur pays : leur puissance financière favorisait ainsi l’émulation de l’art, du marché et donc des collections. Dont celle de l’armateur qui débute à Marseille une tournée de trois ans à l’occasion des travaux de rénovation du musée niché dans le Pollok Country Park, au sud de Glasgow.

Le temps des ruptures

Qualifié de « Jeff Koons du XIXe siècle » par le directeur des musées de Marseille Xavier Rey, Gustave Courbet alternait provocation (Enterrement à Ornans), « œuvres rococo à visée commerciale » et portraits ultra classiques (Mademoiselle Aubé de la Holde) tandis que Daumier incarnait la classe sociale ouvrière, Millet se tournait vers le XVIIIe siècle et Corot se faisait le passeur entre le classicisme académique et le réalisme. Gommés des livres d’histoire, Ribot et Bonvin comptaient parmi les précurseurs, le premier puisant à la source de José de Ribera comme Manet à la source de Vélasquez. Sir William Burrell ne s’était pas trompé lors de leur acquisition, au même titre qu’il collectionna Jongkind, témoin de l’urbanisation galopante (Démolition de la rue des Francs-Bourgeois à Paris), Manet et sa nature morte Le Jambon qui fit écrire à Jacques-Émile Blanche : « On n’a jamais peint comme cela avant lui ». Parmi ses préférés figurait également Fantin-Latour, « demi gagnant et demi perdant de l’histoire » selon Xavier Rey, engagé dans des natures mortes très travaillées avant de simplifier son regard photographique pour atteindre des représentations plus sensibles. Réunies dans la salle des chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme, quatre huiles de Degas dont La Répétition au cadrage révolutionnaire et délibéré, trois de Monticelli très prisé des collectionneurs étrangers, une de Cézanne représentant Le Château de Médan intimement lié à sa relation avec Zola et L’église de Noisy-le-Roi effet d’automne de Sisley peinte en 1874, année de la première exposition des Impressionnistes.

L’héritage de ce collectionneur éclairé est un coup de maitre pour Glasgow qui fut, comme Marseille, nommée capitale européenne de la culture en 1990, sept ans après l’ouverture du bâtiment imaginé par Sir Barry Gasson, Brit Andersson et John Meunier.

MARIE GODFRIN-GUIDICELI
Mai 2018

Chefs-d’œuvre réalistes et impressionnistes de la collection Burrell
Une collection en miroir, École de Barbizon et Réalisme au musée des Beaux-Arts
jusqu’au 23 septembre
Musée Cantini, Marseille
04 91 54 77 75
marseille.fr

Illustration : Édouard Manet, Le Jambon, vers 1875-1880, huile sur toile, 32,4 x 41,2 cm © CSG CIC Glasgow Museums Collection


Musée Cantini
19 rue Grignan
13006 Marseille
04 91 54 77 75
www.marseille.fr