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Le Venezuela à l'honneur pour les XVe Rencontres Tambor y Canto par l’Assos’Picante

Sans tambour, mais avec passion

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Le Venezuela à l'honneur pour les XVe Rencontres Tambor y Canto par l’Assos’Picante - Zibeline

Dans le cadre des XVe Rencontres Tambor y Canto, organisées chaque année par l’Assos’Picante et son fondateur et infatigable directeur artistique Simon Bolzinger, un nouveau pays d’Amérique latine était à l’honneur, le Venezuela. En ouverture, le Grupo Caney nous invitait à une découverte de la musique traditionnelle joropo, issue des grandes plaines vénézuéliennes, les llanos. Un instrument phare se distingue, la harpe (à l’origine il s’agit de la harpe baroque espagnole, apportée dans les bagages des conquistadors, utilisée dans les églises puis passée dans le domaine populaire). Elle est l’instrument des paysans, qui après leur journée de travail en jouent, explique José Ruiz (chant, cuatro, basse) qui présente aussi un autre instrument typique, le cuatro, petite guitare à quatre cordes qui, secondée par la basse, assure la rythmique et le contre-chant. Le trio débute par un air traditionnel, El gavilan, puis enchaîne avec des compositions du harpiste, Geber Fernandez, d’une élégante inventivité. Le son parfois aigrelet de la harpe diatonique se fond en harmonies subtiles, s’emporte en variations enlevées. Pas de pédale pour changer de tonalité avec ce type de harpe, aussi, il faut réaccorder l’instrument selon les morceaux, ce qui laisse le temps de conviviales explications, sur les chants qui accompagnent la vie des campesinos… On voit la harpe détrônée par la bandola, plus aisée à transporter lorsque les hommes étaient appelés à partir à la guerre. Fernando Alvarez en donne une démonstration éblouissante, ses doigts, avec la précision des jambes d’une danseuse, volent sur les cordes. Plus tard, il fera mine d’avoir égaré l’anche de son hautbois et chante toutes les notes de la partition ! Au final, Simon Bolzinger rejoint le groupe pour l’accompagner par une superbe improvisation pianistique… alors que ce beau Festival est peut-être le dernier, suite à la chute vertigineuse des subventions (plus aucune de la mairie, plus de la Région qui refuse d’en compenser une fois encore les manquements. Restent sur les 35 000 € qui étaient accordés en 2013, 4000 € cette année, pour le même travail, qui repose sur le festival mais aussi des activités annuelles pérennes d’éducation et de diffusion !).

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2018

Concert donné le 22 novembre à la Cité de la Musique, Marseille

Photo : Grupo Caney -c- Salma Baïzid


Cité de la Musique
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