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Vu par Zibeline

Après le Festival d'Avignon, les filles du Swing Cockt'Elles emballent le public du Château de Montmaur (05)

Sans modération !

• 26 août 2016 •
Après le Festival d'Avignon, les filles du Swing Cockt'Elles emballent le public du Château de Montmaur (05) - Zibeline

On se bouscule à l’entrée du Château de Montmaur qui a ouvert ses portes, l’été durant, à des spectacles, événements culturels organisés par le Centre Départemental de Ressources Des Arts (Cedra) du Département des Hautes-Alpes (http://cedra.hautes-alpes.fr). Zibeline s’y était rendu, en juillet, à l’occasion du Festival de Chaillol et d’un beau concert pour piano à quatre mains de Marie Vermeulin et Vanessa Wagner (voir www.journalzibeline.fr/critique/le-sacre-du-piano).

On se bouscule donc, le 26 août… parce que les réservations sont closes depuis deux jours et que le bouche à oreille a œuvré entre Gap et Veynes : on va jouer à guichet fermé ! Chaque place vacante est comptée dans la grande salle du château ou la scène est dressée, car c’est le dernier concert de la saison et qu’on accueille un quatuor féminin qui a fait le buzz en Avignon au festival 2016 : le Swing Cockt’Elles (voir www.journalzibeline.fr/programme/les-droles-de-dames) !

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Il ne faut pas longtemps pour être conquis par les jeunes artistes : les numéros vocaux plaisamment parodiques et décalés d’ « Amour Swing et Beauté » sont léchés, comme les arrangements jazzy des chansons et standards signés Annabelle Sodi-Thibault, musicienne formée à l’école québécoise et fine compositrice, dont « Les mots d’amours » s’avèrent, par exemple, tendrement soulignés d’une Gymnopédie de Satie… Son soprano s’immisce entre les vocalises parfois aériennes de Marion Rybaka et les graves sensuels d’Ewa Adamunsinska-Vouland. Ensemble, elle forment une polyphonie fine et serrée (« close harmony » typique des années 1940 aux USA) qui rappelle les Andrew Sisters ou, en France, Les Double Six. Sans débraillé superflu, leur trio s’appuie sur une technique classique sûre, auquel s’agrège aisément une pianiste tout-terrain (également vocaliste… alors que chacune tour à tour manie le clavier) : Estelle Sodi-Lunghi.

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On suit les aventures et affres de ménagères guindées de blouses rétro, mais volontiers transformistes en pin-up cintrées… au rythme d’un jingle de série TV à l’eau de rose, fil rouge au comique de répétition assuré. Assistées à la mise en scène par Raphaël Callandreau, les drôles de dames font le ménage en cadence, mitonnent un chaud lapin… à la sauce Gainsbourg (La recette de l’amour fou), « polyglottent » allègrement sur Hit the road Jack popularisé par Ray Charles, jouent les vamps au rouge baiser (Embrasse-les tous de Brassens), pleurnichent avec Jacques Brel (Ne me quitte pas) ou clament leur espoir au tube de Gloria Gaynor (I will survive)… Amoureuses des mots, ces filles fondent aussi d’étonnants alliages : imaginez une Toccata de Bach mixée au Summertime de Gershwin, des variations hybridées sur La vie en rose (Piaf), Mon mec à moi ( Patricia Kaas) ou Mon homme (Yvain/Mistinguett), Les Bêtises de Sabine Paturel revisitées au goût chocolaté de Chopin, Carmen dansant sa Habanera au swing de Bénabar, un ballet de jambes dessinant une samba sensuelle aux mélodies entrecroisées de Manhã de carnaval et de la Bachiana Brasileira n°5 de Villa-Lobos… voire Britney Spears caricaturée en séance d’aérobic, mais rehaussée d’une Vocalise de Rachmaninov ! Autant de belles surprises qu’on découvre dans un CD paru fin 2015 (voir www.journalzibeline.fr/critique/vocalis-swing) et qui jalonnent un spectacle drôle et élégant, poétique et tendre à la légèreté bienvenue !

JACQUES FRESCHEL
Août 2016

www.swing-cocktelles.com

Prochain spectacle le 17 décembre au Petit Duc à Aix

Photos Paul Evrard