Concerto Soave au Théâtre Armand de Salon-de-Provence

Salon baroqueVu par Zibeline

Concerto Soave au Théâtre Armand de Salon-de-Provence - Zibeline

À l’invitation du Festival International de musique de chambre de Provence, Concerto Soave proposait un concert tissant de délicates correspondances entre l’Italie et la Provence. Un subtil Laudate Dominum de l’aixois André Campra ouvrait le concert, modulé par la voix d’Alice Duport-Percier (soprano), accompagnée des violons de Marie Rouquié et Simon Pierre, le violoncelle (souvent utilisé dans ce répertoire baroque comme basse continue) de Cécile Vérolles, et l’orgue de Jean-Marc Aymes (aussi à la direction et au clavecin). Ce dernier livrait au cours de la soirée des clés d’écoute, permettant de goûter avec plus de pertinence les constructions musicales. Ainsi, la technique « en canon » du premier mouvement de la pièce rare qu’est la Sonate en trio de Pierre Gabriel Buffardin (né à Marseille), élégante et vive, ou le mystère qui entoure Chalabrieul dont on ne connaît ni les dates ni même le prénom, seulement qu’il fut « Musicien de Saint-Victor ». C’est dans les archives de l’abbaye que Concerto Soave a déniché l’une de ses partitions oubliées, son Exultate Deo, motet avec Symphonie dont les vocalises et les phrasés accordent à la voix soliste une palette tout en finesse.

Quittant la Provence, on rejoignait les musiques de la région de Naples avec un extrait du Messie de Haendel, Pifa, peignant la venue des bergers avec leurs chalumeaux (piffero), instruments à vent représentés ici par les violons. Le thème de Noël était encore à l’honneur grâce à la Pastorale di Natale de Scarlatti qui met en scène un berger étonné d’être empli, sans raison, d’une ineffable joie. La Passacaille de Maurizio Cazzati, douce et contemplative, offrait aux violons un duo virtuose, tandis que la Sonate op.1 n°3 de Vivaldi rivalisait d’audaces et d’élans enthousiastes. Le « clou » de la représentation était bien sûr, in fine, son Motet In Furore Giustissimae irae, d’une rare intensité, porté par la voix aux multiples variations de la soprano, brûlante dans la colère, tendre au cœur des apaisements, d’une joie communicative dans son sublime Alléluia qui vint clore les bis réclamés par un public subjugué.

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2020

Concert donné le 23 janvier au Théâtre Armand, Salon-de-Provence

Photographie © Aurélien Gaillard

Théâtre Armand
67 boulevard Nostradamus
13300 Salon-de-Provence
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