La Folle Criée, douzaine de concerts suivis, sur deux jours, par les Marseillais à la Criée les 27 et 28 novembre

Sacre russeVu par Zibeline

La Folle Criée, douzaine de concerts suivis, sur deux jours, par les Marseillais à la Criée les 27 et 28 novembre - Zibeline

On se précipite dans la fraîche matinée du 28 novembre, pour aller écouter Philippe Giusiano ! Parvenu dans la petite salle de La Criée, on voit s’avancer le pianiste français à l’allure longiligne et discrète, dont l’apparente fragilité ferait presque oublier ses anciennes palmes au Concours Chopin de Varsovie (il a fait ses premières «classes» auprès de Pierre Barbizet à Marseille). Il est depuis un habitué des grands plateaux de concerts partout dans le monde. Philippe Giusiano nous livre, avec l’élégance pudique qui le caractérise, de belles pages de Rachmaninov, dont il demeure (avec Chopin) l’un de nos plus brillants interprètes. C’est une heure de grand piano, un véritable cadeau qu’il offre aux matinaux pour cette nouvelle Folle Criée consacrée en 2015 à la musique russe de Borodine à Prokofiev, Tchaïkovski ou Scriabine…

Déjeuner musical… et duo phénoménal !

Alors que d’aucuns déjeunent aux Grandes Tables, dégustant quelques bortsch et pavlova, s’installe dans le hall le Quatuor Danel. Le temps du repas les artistes jouent des pièces diverses, tout en les présentant au jeune public, particulièrement à l’écoute, et leurs parents ravis de cette «surprise» musicale gratuite.

Un peu plus tard, alors que les concerts s’enchaînent dans les deux salles de La Criée, c’est un extraordinaire duo qui nous est permis d’entendre dans le Grand théâtre. Dans les Sonate op.19 en sol mineur de Rachmaninov, Alexander Kniazev (violoncelle) et Plamena Mangova (piano) font des prouesses. Ils jouent dans un même esprit, avec le même souffle, d’une puissance époustouflante, à fleur de larmes et de cris… Leur geste est ample, la sonorité pleine, tout dans la projection sonore vers et par delà le public. Leur combat est tantôt épique et furieux, et la mélodie prime dans une fresque sonore qui se pare aussi de nostalgie. Au final, la célèbre Vocalise qu’ils interprètent divinement est belle à pleurer !

JACQUES FRESCHEL
Décembre 2015

Photo : Quatuor Danel à la Folle Criée © Macha Makeïeff