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Anna Bolena, opéra royal sur une scène qui l'était tout autant

Royal

Anna Bolena, opéra royal sur une scène qui l'était tout autant - Zibeline

Pour sa deuxième production automnale, l’Opéra de Toulon a offert au public varois un des monuments du répertoire de Bel Canto Italien : Anna Bolena. Premier véritable succès international de Donizetti, cet opéra seria en deux actes élaboré sur un livret de F. Romani, s’inspire du destin tourmenté de la deuxième épouse d’Henri VIII. Dans cette représentation, le parti pris atemporel des décors servait d’écrin à un ensemble de voix exceptionnelles, à la faveur de ce redoutable déluge de notes écrit par l’éminent transalpin. Même si par simplisme on pourrait considérer l’œuvre comme un pamphlet machiste ne désignant les femmes que comme vénales et intrigantes, un examen plus approfondi du livret évoquant ces conquêtes matrimoniales du Roi d’Angleterre dévoile en réalité des personnages féminins plus complexes, en proie au doute, se questionnant sur la fidélité et sur les affres du pouvoir. C’est sous cet aspect que le spectateur était invité à apprécier la scénographie poétique imaginée par Marie-Louise Bischofberger où les chanteurs bénéficiaient d’un espace propice à la hauteur de leurs exploits : Ermonela Jaho incarnait le personnage principal avec une fragilité de circonstance, mais un peu atone, heureusement compensée par une voix sublime. A ses côtés, Simon Orfila était le tyran idéal, Kate Aldrich était très convaincante en future élue tout comme l’amant sacrifié interprété brillamment par le ténor Ismaël Jordi. L’orchestre et les chœurs, sous la baguette de Giuliano Carella étaient au diapason de ce plateau : princier.

EMILIEN MOREAU
Décembre 2014


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