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Vu par Zibeline

La 28è édition du FID réaffirme ses exigences cinématographiques et remplit les salles

ROUGE FID

• 11 juillet 2017⇒17 juillet 2017 •
La 28è édition du FID réaffirme ses exigences cinématographiques et remplit les salles - Zibeline

Rouge. C’était la couleur du Fid 2017. Rouges les sacs de toile portés en bandoulière par les festivaliers, où s’affichaient en majuscules blanches les initiales du Festival International du Documentaire. Rouges les tapis foulés par le public cosmopolite et nombreux, de l’esplanade du J4 aux trottoirs de la Canebière, de Belsunce au cours Julien. Rouge le masque de la mort du film inaugural, projeté au Théâtre Silvain, farce macabre, culte et kitch, adaptée de la nouvelle d’Edgar Poe et signée par l’invité d’honneur du festival : Roger Corman. Un choix qui a déconcerté quelques «fidnomanes» peu portés sur ce qui s’apparente, par la rapidité du tournage et la modestie du budget, à un cinéma de série B, mais qui par l’habileté de ce cinéaste décomplexé, par la stylisation revendiquée et la patine involontaire du temps devient un objet filmique des plus singuliers. La rétrospective Corman programmée par cette 28è édition du FID offrait dix films sur la soixantaine réalisés, et neuf sur les quelque 400 qu’il a produits : un échantillon significatif de la filmographie pléthorique de ce touche à tout, jaloux de son indépendance. Réalisateur-acteur-producteur-découvreur de talents ( Bogdanovich, Hellman, Coppola, Dante, Scorsese, Ruiz, entre autres), diffuseur, au pays de l’Oncle Sam du cinéma, de Fellini, Bergman, Truffaut, élégant et rieur du haut de ses 91 ans, Roger Corman, légende hollywoodienne, a reçu, au nom de l’État français, à l’issue de sa master class du 13 juillet, l’insigne de Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres des mains du Président du FID Marseille, Paul Otchakovsky-Laurens.

Outre l’hommage au cinéma des «pères», le FID, qui se place définitivement dans la cour des Grands avec ses 140 projections et ses Premières mondiales et internationales, a proposé cette année encore un programme foisonnant, «buissonnant», audacieux, ouvert aux créations contemporaines. Entre Corman et Kafka, invité virtuel dont Hanns Zischler a traqué dans la correspondance et le journal, la trace des films évoqués, place aux jeunes avec le FIDLab, le FIDcampus, les premiers films, les films rares en quête de distributeurs, place au cinéma vivant, innovant. Celui qui nous regarde autant qu’il est regardé. Celui qui comme l’a dit Paul Otchakovsky lors de la cérémonie de clôture le 17 juillet à la Villa Méditerranée, «fait un pas de côté» quittant les rangs d’une production qui ne chercherait qu’ «un retour sur investissement».

Au palmarès 12 films récompensés et 18 distinctions comprenant les 12 prix des différentes compétitions, les 5 mentions spéciales et 2 films ex aequo. Autant dire que certains films ont raflé plusieurs récompenses. C’est le cas du Grand Prix de la Compétition Internationale Let the summer never come again d’Alexandre Koberidze qui obtient aussi le Prix du Premier Film. Ou encore de Baronesa de la jeune Brésilienne Juliana Antunes, un film de femmes sur les femmes qui nous conduit dans les favelas de Belo Horizontes, plébiscité à trois reprises tout comme Le Cœur du conflit du couple franco-japonais Masayasu Eguchi et Judith Cahen, « une fable politique où l’irradiation joue autant comme métaphore et principe que comme menace invisible et tangible». Prix International Georges de Beauregard pour Playing men de Matjaž Ivanišin qui fait partie des films que Zibeline a aimés, comme Mourir plutôt que mourir de Natacha Nisic  ou L’ Exilé de Marcelo Novais Teles. Notons  la présence de six femmes dans ce palmarès, quelque chose qui devrait aller de soi, mais qui par rapport aux autres festivals internationaux demeure exceptionnel.

Le 28è Festival International de Cinéma de Marseille s’est achevé avec La Caméra de Claire de Hong Sang-soo, invité d’honneur de l’édition 2016, toujours aussi rohmérien, s’interrogeant non sans malice sur l’innocence et l’honnêteté dans les rapports amoureux et professionnels d’un réalisateur coréen et de ses deux maîtresses lors d’un Festival de Cannes. Un trio révélé par les photos de Claire (Isabelle Huppert). Une conclusion lumineuse, en forme de fable. «L’honnêteté c’est difficile quand on fait des films» dit un des protagonistes. Gageons qu’il y a dans la programmation de Jean-Pierre Rehm, Délégué général du FID, cette recherche-là aussi.

ELISE PADOVANI

JUILLET 2017

Palmarès complet sur  https://www.fidmarseille.org/

Le festival s’est déroulé du 11 au 17 juillet à Marseille

Photo : Le cœur du conflit ( Masayasu Eguchi, Judith Cahen)


Bibliothèque de l’Alcazar
14 Cours Belsunce
13001 Marseille
04 91 55 90 00
http://www.bmvr.marseille.fr/


Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
facebook.com/Cinemalesvarietes


FIDMarseille
Association Vue sur les Docks
14 Allée Léon Gambetta
13001 Marseille
04 95 04 44 90
http://www.fidmarseille.org/dynamic/


Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org


Vidéodrome 2
49 Cours Julien
13006 Marseille
04 91 42 75 41
http://videodrome2.fr/


La Vieille Charité
2 Rue de la Charité
13002 Marseille
04 91 14 58 80
http://vieille-charite-marseille.org/


Villa Méditerranée
Esplanade du J4
13002 Marseille
04 95 09 42 52
http://www.villa-mediterranee.org/