Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Le Corps du Ballet National de Marseille, enfin recréé à La Criée, gagne en souffle et en cohésion

Revoir le BNM

• 14 mars 2015⇒15 mars 2015 •
Le Corps du Ballet National de Marseille, enfin recréé à La Criée, gagne en souffle et en cohésion - Zibeline

On peut dire qu’il nous avait manqué… Depuis l’arrivée d’Emio Greco et Pieter C. Scholten, le ballet ne s’est pas produit dans la région, n’a pas programmé dans ses murs, n’a pas créé de nouvelles pièces. Ce Corps du Ballet National de Marseille n’est pas encore tout à fait une création d’ailleurs : reprise et mise au pli marseillais d’une création pour le Ballet de Monte Carlo et le Het Ballet, agrémentée d’un travail qu’on avait déjà vu avec le BNM sur la Marseillaise, la pièce n’est pas exactement ce que l’on attend en termes de créativité, après plus d’un an de travail. Mais le Ballet semble en grande forme : rajeuni, il a nettement gagné en souffle et en cohésion. C’est d’ailleurs tout le sens de cette pièce qui consiste à montrer les qualités d’un ballet plutôt qu’à développer un propos.

Les 21 danseurs, dont 6 nouvelles recrues et 3 stagiaires de l’Ecole de danse, font la démonstration de leurs paradoxes : s’ils ont réappris à adopter des dynamiques communes et à occuper ensemble le plateau, ils peinent encore à lâcher prise pour danser vite du rock, mais ne parviennent pas non plus tout à fait à tenir leurs équilibres. Les tours enchaînés, batteries, sauts… montrent de très belles qualités individuelles et sont applaudis par un public friand. Mais que faire avec cette technique ? Faire des effets de masse comme dans une pièce contemporaine, l’agrémenter de quelques citations classiques avec filles sur pointes (moquerie ? nostalgie?), de deux ou trois clichés sur la Marseillaise par Mireille Mathieu, et de force démonstrations de virtuosité masculine ? Ce que l’on peut dire de ce Corps de ballet, est que les corps ne s’y rencontrent pas, que les couples n’y existent pas, ni la relation, juste la masse et les individus, qui ne racontent aucune histoire, sinon d’affirmer leur existence et leur puissance. La scénographie, les lumières, les costumes, les corps, le mouvement, tout est très beau (sauf la musique ?), et glacé : jamais les corps ne sourient, ce qui génère un malaise quant à l’idée du collectif, et de l’intimité absente.

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2015

Le Corps du Ballet National de Marseille a été recréé à la Criée, Marseille, les 14 et 15 mars

Photo : c-Alwin-Poiana


La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
http://www.theatre-lacriee.com/