Vu par Zibeline

Le film "Rêve de Jeunesse", vu en avant-première au FID Marseille

Rêves de jeunesse

Le film

Des jeunes qui dansent, leur portable à la main, oubliant d’être ensemble et, le lendemain, dans l’appartement où cohabitent Salomé, sa sœur et des copains, les déchets de la fête. Et c’est dans une déchetterie, filmée comme un décor de western, où trônent trois bennes, une bleue, une rouge et une blanche, que Salomé, accompagnée de son lapin blanc, part travailler le temps d’un été dans le village de son adolescence. Cet espace au milieu de nulle part va être, pour cette jeune femme un peu perdue, un lieu de rencontres et de retrouvailles étranges, douloureuses parfois, pleines de rêves aussi. Tout comme Alice au pays des Merveilles, livre qu’elle trouve dans la baraque qu’avait aménagée Mathis, son ex petit ami et ex gardien de la déchetterie, Salomé semble être passée dans une autre dimension : elle accepte les rencontres improbables qui la transforment, la font s’interroger, se souvenir et rêver.

Il y a d’abord Jess, qui participe à une émission de télé réalité I will survive – Premier de cordée, et« pète les plombs », craignant de se faire exclure du jeu. Arrive aussi Clément (Yoann Zimmer), le frère de Mathis qui lui apprend sa mort : il a été tué à l’issue d’un affrontement avec la police dans une ZAD. Il y a aussi un cycliste dépressif (Jacques Bonnaffé), ouvrier injustement licencié ; il a écrit une lettre d’adieu à la vie mais rate son suicide. Mathis, le mort, est présent par les objets qu’il a recueillis, par ses sculptures faites de récupération, par sa voix qu’il a enregistrée sur un magnéto Fisher Price et par sa chienne, Inuk. Clément fera visiter à Salomé la cabane au milieu des bois que Mathis avait commencé d’aménager, un espace où vivre en communauté, sans stress, un endroit où on puisse penser la résistance à l’ordre mondial.

Dans cette fable poétique et politique, Alain Raoust pose la question de la résistance et de la résilience. Un pays qui flingue sa jeunesse est un pays mourant, dit un des personnages. Salomé Richard campe avec beaucoup de justesse son personnage de jeune femme introvertie. Quant à Estelle Mayer, elle montre, avec beaucoup d’énergie, l’évolution de Jess qui passe du langage le plus vulgaire à une langue quasi poétique. Rêves de jeunesse, un film qui donne envie de croire qu’il y a autre chose après la fin d’une utopie. 

ANNIE GAVA
Août 2019

Le film, sorti le 31 juillet (1h32), a été soutenu par la Région Sud, et présenté en avant-première au FID Marseille en présence du réalisateur Alain Raoust et de Salomé Richard et Yoann Zimmer.

Rêves de jeunesse© Shellac


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