Vu par Zibeline

Jusqu'au 31 octobre, le Château de Tarascon joue avec l'imagerie médiévale dans une grande exposition

Rêver les châteaux

• 4 avril 2015⇒31 octobre 2015 •
Jusqu'au 31 octobre, le Château de Tarascon joue avec l'imagerie médiévale dans une grande exposition   - Zibeline

Cet été, le Château de Tarascon accueille la riche exposition Si les châteaux m’étaient contés…, concoctée par le Centre des Monuments Nationaux et réorchestrée dans les salles de l’ancienne demeure du Roi René par la dynamique équipe des Affaires culturelles de Tarascon. Au fil des escaliers en colimaçon, on la découvre en même temps que le vrai château (dont la visite guidée est passionnante) déclinée en trois mouvements qui permettent d’appréhender le château légendaire, puis féérique, enfin mystérieux comme une forme essentielle de la structuration de notre imaginaire. Le château merveilleux naît avec le Moyen-Âge. Les enluminures et leur refus de proportions réalistes convoquent fées, magiciens, chevaliers, toujours preux, dames évidemment en péril. BD, légos, livres pop-up, cinéma, jouent encore de cette imagerie médiévale à la fois naïve et source inépuisable d’aventures, qu’exploite la fantasy à partir des années 50 avec Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Puis ce sont les jeux de rôle comme Donjons et Dragons qui s’emparent de ce médiéval fantastique. Le visiteur plonge dans la remémoration de lectures, de jeux, avant de se délecter des châteaux féériques, de Gustave Doré à Walt Disney. La végétation reprend souvent ses droits dans ces lieux où attend une Belle endormie. Les contes rappellent que le temps existe, et que les constructions humaines sont éphémères… mais propices au mystère. Dans une chambre retirée, un château de sable (sic) dresse ses tours dans l’ombre parcourue de sang et de fantômes… Ouverture au roman gothique (XVIIIe en Angleterre) avec sa théâtralisation de l’angoisse, multipliant méandres et lieux secrets, en préfiguration du genre fantastique. Brumes, orages, silhouettes de monstres… l’iconographie est là encore d’une richesse quasi inépuisable, du Burg de Victor Hugo, mis sous cloche, comme dans un cabinet de curiosités au château de Poudlard… sans compter les extraits de films muets (de Capellani à Méliès), les jeux numériques… «La culture populaire, les films, parlent toujours de notre patrimoine» (Camille Vinatier). Le patrimoine matériel tisse, avec notre imaginaire, notre mémoire et ce que nous sommes.

MARYVONNE COLOMBANI
Juillet 2015

Si les châteaux m’étaient contés…
jusqu’au 31 octobre
Centre d’Art René d’Anjou, Tarascon
04 90 91 01 93
www.chateau.tarascon.fr

En regard de l’exposition, voir également le travail de Mathieu Faury (voir Zib’86)

Photo : Aleksi Briclot Neverwinter © CMN