Le ciel par-dessus le toit, dernier roman de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard

Retrouver le bleu du ciel

Le ciel par-dessus le toit, dernier roman de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard - Zibeline

Le tout nouveau roman de Nathacha Appanah commence par un poème, celui d’Ecrou 16587, enfermé dans la maison d’arrêt de C. Des mots pour conjurer l’enfermement. Un poème donc, comme celui de Verlaine, auquel le titre Le ciel par-dessus le toit fait référence. Ce roman serait-il placé sous le signe de la poésie, de son pouvoir de nommer et de transfigurer ; de dire les mots que, dans la vie, on ne parvient pas à prononcer ? Le récit se poursuit à la manière d’un conte ; drôle de conte, qui parle de murs qui séparent, qui enferment. Et puis on plonge dans l’histoire de Loup, 17 ans, placé en détention provisoire, quartier des mineurs. Qu’a-t-il fait pour se retrouver là ? Ce n’est pas ce qui intéresse l’écrivaine. Ce qu’elle raconte à trois voix,-celle de Loup en prison, celle de Paloma, sa sœur aînée, qu’il n’a plus revue depuis dix ans, et celle de leur mère Phénix, qui ne s’appelle plus Eliette-, c’est tout ce qui a conduit l’adolescent à devenir pour une semaine le numéro d’écrou 16587. Alors elle remonte dans le temps et, au fil de courts chapitres alternant les points de vue, les personnages se précisent, le puzzle se reconstitue. Les phrases suivent au plus près le geste, la sensation, l’émotion bridée, les non-dits ; et chaque détail –une mèche qu’on relève, une façon de s’asseoir, un rayon de soleil sur une chaussure, un creux dans le jardin- devient signifiant. Voici la chronique, ultra sensible, bouleversante de vérité et de tension, d’une famille qui a du mal à habiter correctement le monde, d’une femme belle et sauvage qui, en réaction à son enfance adulée, a fait tout le contraire avec ses enfants, mais est-ce une réussite ? Comment aimer ses enfants ? Comment faire famille quand on n’arrive qu’à éloigner de soi ceux qu’on chérit ? À ces questions la fin apporte une réponse apaisée. Car l’amour, même imparfait, même intranquille, est de l’amour. Et le chatoyant du ciel et de la vie, on peut le retrouver… Juste magnifique.

FRED ROBERT
Octobre 2019

L’écrivaine était invitée le 26 septembre à la librairie L’Attrape-mots (Marseille) dans le cadre des Nouvelles Itinérances proposées par l’association Libraires du Sud. Elle était aussi présente aux Correspondances de Manosque.

Le ciel par-dessus le toit
Nathacha Appanah
éditions Gallimard, 14 €


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13006 Marseille
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Théâtre Jean le Bleu
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