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Vu par Zibeline

Futurs, nouvelle exposition à la Vieille Charité du 22 mai au 27 septembre

Retours vers le futur

• 22 mai 2015⇒27 septembre 2015 •
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Futurs, nouvelle exposition à la Vieille Charité du 22 mai au 27 septembre - Zibeline

Comment les artistes racontent la mémoire du futur ? Comment leurs œuvres prennent-elles une patine historique ? Dans la lignée de l’exposition Peinture Cinéma Peinture de 1989, la Vieille Charité renoue avec la narration en ouvrant trois chapitres : «Metropolis», «La guerre des mondes» et «L’odyssée de l’espace».
Du manifeste futuriste de Marinetti en 1909 aux fictions architecturales du collectif La Fratrie de 2015, l’exposition Futurs révèle à quel point l’univers des artistes fut bouleversé -tant sur le plan conceptuel que formel- par les révolutions scientifiques, technologiques, industrielles ou spatiales. Comment les cinéastes (Fritz Lang et son emblématique Metropolis ouvre la première section, S. Kubrick hante les salles), les architectes, peintres, sculpteurs, auteurs (H. G. Wells plane sur nos têtes) imaginèrent des mondes mutants, les questionnèrent ou les pressentirent, avec enthousiasme ou pessimisme. Entre visions réalistes, utopiques, oniriques, fantasmées et désenchantées. En Italie donc, mais aussi en Russie, aux U.S.A., en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France, l’onde de choc précipite les artistes dans un tourbillon inventif et prospectif : ils déconstruisent les villes, démultiplient les espaces, fabriquent machines et robots, se réapproprient les mythes (le rêve d’Icare est plus que jamais palpable et Matisse se délecte), détournent les figures des supers héros (Batman peut-il réellement sauver le monde s’interroge férocement Dulce Pinzon). Certains comme les Frères Henry dès 1887 ou Thomas Ruff en 1990 redoutent la fragilité de la terre à l’aune de l’immensité cosmique et regardent désespérément le ciel étoilé. Ce même ciel qui n’augure pas toujours des jours heureux : Renaud Auguste-Dormeuil donne à voir en 2004 un dramatique et silencieux The Day Before Baghdad. Et quand Miró fait virevolter sur la toile les constellations, Kupka a «l’impression de contempler le globe terrestre de l’extérieur»… Leur quête du mouvement est perpétuelle, mouvement de la pensée et de l’esprit, des formes et des médiums. En témoigne la fin de l’odyssée à la Chapelle en compagnie de Bruno Peinado et son installation Sans titre, Silence is Sexy où se reflètent la coupole, le passant, les ombres tour à tour déformés, gonflés, rapetissés. À couper le souffle !
L’option du parcours chronologique est une réussite, le découpage en sections thématiques également qui conduisent le public à s’approprier une histoire. Leur histoire. D’autant que la scénographie privilégie la pédagogie à travers un choix de cartels détaillés, précieux repères historiques et esthétiques, et que des médiateurs culturels sont disponibles gracieusement dans chaque salle. Un double effort de la direction des Musées de Marseille que le public visiblement apprécie.
MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juin 2015

À voir
Futurs
De la ville aux étoiles, Matisse, Miro, Calder…
du 22 mai au 27 septembre
Centre de la Vieille Charité, Marseille 2e
www.futurs.marseille.fr

À lire
Futurs, textes de Olivier Cousinou, Pascal Neveux, Arnauld Pierre, Christine Poullain et Guillaume Theulière, coédition RMN-Musées de Marseille, 35 euros

Photo : Vue de l’exposition à la Chapelle, Installation de Bruno Peinado, Sans titre, Silence is Sexy, 2004-2015 © Vincent Ecochard, Ville de Marseille


La Vieille Charité
2 Rue de la Charité
13002 Marseille
04 91 14 58 80
http://vieille-charite-marseille.org/