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Retour sur le Festival cinématographique d’automne, excellent cru 2016 à Gardanne

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Retour sur le Festival cinématographique d’automne, excellent cru 2016 à Gardanne - Zibeline

Au lendemain d’un festival aussi riche que le Festival cinématographique d’automne de Gardanne, s’installe une sorte de vide. Du 14 au 25 octobre, les festivaliers (10% de plus que l’an dernier) ont connu les affres délectables d’un véritable marathon, avec plus de 70 films projetés et la venue des réalisateurs ou des acteurs aux avant-premières : Emmanuelle Bercot pour La Fille de Brest, inspiré du scandale autour du Mediator, Julie Bertucelli et la découverte d’une remarquable poète, Babouillec, dans Dernières nouvelles du cosmos, Benoît Jacquot et Julia Roy pour le poétique À jamais, Christian Pabœuf compositeur de la musique du ciné-concert sur L’aurore de Murnau

Des rencontres

Privilège commun à tous de rencontrer les artistes. Une journée entière était ainsi consacrée au cinéaste québécois Denis Côté, avec la projection de documentaires à forte teneur symbolique (Bestiaire) et de films, Vic et Flo ont vu un ours, primé au festival de Berlin, et en avant-première Boris sans Béatrice, qui se joue des codes, flirte avec le fantastique, s’amuse d’énigmes. « J’ai encore des caprices un peu juvéniles comme ça », sourit le cinéaste, « Boris est un Tantale des temps modernes, d’ailleurs le recours aux mythes participe d’un mécanisme de défense de l’écriture pour l’élever. L’histoire en elle-même n’est pas très originale, donc j’y ajoute des épices ; ainsi, le premier ministre est interprété par une icône du porno gay au Canada ! ». Il ajoute : « Quand j’écris un film, j’essaie de tourner les coins à 90°, car sinon, je m’ennuie… je veux que ça ait l’air de la réalité, mais pas vraiment, un pied à côté du réalisme… »

Documentaire fortement charpenté, La Sociale de Gilles Perret (auteur du film Les Jours heureux) retrace les origines de la Sécurité Sociale, et rend justice à Ambroize Croizat ministre du Gouvernement provisoire de la République aux lendemains de la guerre. Un public militant se passionne alors et nourrit le débat de commentaires et d’expériences.

Voyages

Un focus sur le Chili nous entraînait dans la résistance à la dictature, avec deux films de Pablo Lorrain, No, où l’on suit la préparation du référendum imposé à Pinochet par la pression internationale, et Neruda lorsque le poète du Canto General doit fuir le Chili. « Le traitement de la lumière dans ces deux œuvres s’inscrit dans les époques évoquées avec une finesse extrême », souligne Cerise Jouinot, directrice du Cinéma 3 Casino et maître d’œuvre du Festival. L’esprit des Chiens de Navarre flottait sur le festival, autorisant le rire après des œuvres parfois lourdes (le cinéma promène son miroir sur les chemins du monde et ils ne sont pas que fleurs et réjouissances…), avec Apnée de Jean-Christophe Meurisse, délicieusement drôle et fantasque. On était séduits aussi par les deux courts métrages Inupiluk et Le film que nous tournerons au Groenland suivis de (sic) Voyage au Groenland de Sébastien Betbeder. Un bijou d’humour et d’humanité.

Des prix

Quel incroyable casse-tête pour les différents jurys ! Le prix du public fut remporté par Maha Haj et son premier long métrage, Personnal Affairs, poétiquement drôle dans sa succession de saynètes familiales. Le prix Régine Juin, décerné par le jury jeune, fut attribué au déroutant Willy 1er d’un collectif de quatre jeunes réalisateurs, Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas, portrait d’un illettré cinquantenaire, inadapté et attachant. Les tout petits, les moins petits et les plus grands avaient aussi la charge d’accorder des prix : Promenons-nous avec les petits loups d’Anna Levinson et Borja Guerrero pour les premiers, Ma vie de courgette de Claude Barras pour les deuxièmes (une pure merveille !), et pour les derniers 600€ d’Adnane Tragha qui a aussi animé un atelier film de poche au service enfance-jeunesse de Gardanne.

En clôture, une pépite, inspirée d’un fait divers, Noces de Stephan Streker, tragiquement beau et profond, avec la lumineuse Lina El Arabi.

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2016

28e Festival d’automne de Gardanne du 14 au 25 octobre.

Photo : Personnal Affairs de Maha Haj -c- Sophie Dulac Distribution


Cinéma 3 Casino
11 Cours Forbin
13120 Gardanne
04 42 51 44 93
http://www.cinema-gardanne.com