Le Ballet Preljocaj refaçonne le Lac des Cygnes

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• 24 octobre 2020⇒31 octobre 2020, 30 janvier 2021, 2 février 2021⇒3 février 2021, 6 février 2021⇒7 février 2021 •
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Inventif, virtuose et référencé, Le Lac des Cygnes d’Angelin Preljocaj convoque nombre de figures et de tableaux familiers, enrichis d’un sens ou d’un regard nouveau. Le très beau personnage de la mère de Siegfried -campé le 24 octobre par Mirea Delogu- semble prendre à ce titre une importance inédite : celle d’incarner l’héritage du ballet de Petipa. Altière, d’une raideur toute calculée, c’est avec dextérité mais aussi avec distance qu’elle accompagne son mari –Baptiste Coissieu– dans les parades de rigueur. Cette incarnation d’un classicisme splendide mais éteint, n’attendant que d’être ravivé, se révèle profondément émouvante lorsqu’un Pas de deux entre mère et fils fait ressurgir le temps de l’enfance. Le Siegfried encore indocile de Leonardo Cremaschi y préfigure alors ses échanges avec Odette -la mutine Isabel García Lopez– : c’est par la tête, que l’on endort ou qu’on éveille d’un geste de la main, que l’on porte et incline délicatement, que l’intimité se crée. La fraîcheur des jeunes amants suffit à retrouver, intact, l’émoi premier. Mais tout semble plus que jamais joué d’avance, dans un pacte scellé entre Rothbart –Antoine Dubois- et le Père, entre la compromission de l’entrepreneur véreux et celle, non moins criminelle, du PDG. Et si la métaphore écologiste fonctionne, malgré l’accent mis sur l’artificialité des vidéos de Boris Labbé et de la musique additionnelle de 79D, c’est bien parce que la nature et le vivant ne semblent déjà qu’un lointain souvenir. Pour la mettre en scène, on devine que le chorégraphe n’a pas pu résister : le quatuor des petits cygnes demeure, bien qu’enrichi de déhanchés joyeux ; la souplesse des corps, étirés, immobiles, figure la nuée. Car la vitalité est à rechercher dans le corps de ballet, d’une cohésion et d’une énergie à toute épreuve, sollicité constamment sur une partition riche et inventive dans ses peintures de cour.

SUZANNE CANESSA
Octobre 2020

À voir jusqu’au 31 octobre au Grand Théâtre de Provence

À venir

À Cannes le 30 janvier
À Perpignan les 2 et 3 février
À Fréjus les 6 et 7 février

Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net

Le Forum
83 boulevard de la Mer
83600 Frejus
04 94 95 55 55
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Palais des Festivals
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