Vu par Zibeline

Répertoire délaissé

 - Zibeline

«Tout ce qui n’est pas clair n’est pas Françaix» s’amusait à dire Sacha Guitry à propos de Jean Françaix (1912-1997), compositeur avec lequel l’homme de théâtre et de cinéma collabora pour ses films Si Versailles m’était conté, Napoléon… De fait, la facture sonore de ce surdoué, qui à 12 ans faisait l’admiration de Nadia Boulanger, est toute d’épure et de clarté.

L’Ensemble Pythéas, avant son concert prévu à Marseille à l’occasion du centenaire de la naissance du musicien, a tenu à organiser une réflexion autour du compositeur : la conférence extrêmement savante, et néanmoins très claire, donnée par le musicologue Lionel Pons, a fourni aux mélomanes réunis pour l’occasion le 16 mai à l’Espace Culture un apéritif trois étoiles !

L’élégance du discours, comme le choix des opus analysés, dans un langage accessible, a donné l’envie de découvrir l’œuvre d’un musicien injustement négligé, comme par exemple son opéra La princesse de Clèves, jamais entré au répertoire de l’Opéra de Paris.

Au milieu de commémorations déjà discrètes associées à Debussy (né en 1862) ou Massenet (mort en 1912), Jean Françaix est totalement négligé. Pourtant sa musique «s’impose dans le silence et la discrétion», fruit d’un travail formel d’une immense précision où la plastique mélodique prime, avec sa part de sourire et de lyrisme… Jean Françaix est à redécouvrir, et les initiatives risquées comme celle initiée par le violoniste Yann le Roux à soutenir !

JACQUES FRESCHEL

Mai 2012