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Vu par Zibeline

L’Imaginarium, "conte à interpréter pour rêveur désordonné", enchante le Grand Studio du Pavillon Noir

Repartir vers les étoiles

L’Imaginarium,

On entre dans une semi-obscurité, propice au mystère. Au centre de la salle (le Grand Studio du Pavillon Noir), une lumière douce émane d’une tente toute blanche, carrée, emplie d’un étrange cocon. Le public se répartit aux quatre points cardinaux, quatre points de vue, qui rendront le spectacle différent pour tous… expériences à partager, confronter, d’une réalité qui refuse de se montrer toute, préservant ses pans d’ombre, ses énigmes… Émergent des formes, mains qui tâtonnent, alors que nous parviennent les mots d’une mission spatiale et ceux d’une lointaine (un peu trop parfois, nuisant au sens) narration, qui, retravaillée, comme une matière sonore, tisse une toile fantasque. Le danseur et maître d’œuvre de cet Imaginarium, Yan Giraldou, arpente l’espace cubique dans lequel il se confine, le délimite, se l’approprie par le mouvement, l’humour, le dépasse, le rend infini, par de subtiles références aux autres arts… un chapeau suspendu avec lequel joue notre cosmonaute du rêve, renvoie à l’univers de Magritte, les enregistrements de la Nasa, au cinéma de Méliès… est-il question de chevaliers et de dragons ??? Peu importe, la liberté du choix nous est laissée, les ‘ou’ scandent le texte, qui se refuse à la narration. Le début, comme la fin, sont ouverts ; une page blanche est laissée à chacun, quel que soit l’âge, afin de livrer ses impressions, dessins, écrits, qui se retrouveront sur le site de la compagnie La Locomotive. L’essentiel réside ici dans la fluide architecture des gestes, qui racontent des états d’âme, des sensations, des émotions. Une narration de l’indicible, captivante se glisse dans les jeux de lumières, de fumée, qui révèle ou cache, le tournoiement d’étoiles que les mains des enfants assis sur le bord cherchent à saisir… triomphe de l’illusion sur la Sonate au clair de lune de Beethoven. La beauté reste le déclencheur de l’imaginaire, c’est ainsi que naissent les rêves et que se façonnent les êtres.

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2016

Spectacle créé au Pavillon Noir du 26 au 30 janvier.

Photo © Jean-Claude Carbonne


Pavillon Noir / Ballet Preljocaj
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