Succès du Grand ménage pour une 6e édition élargie au territoire du sud Luberon

Réjouissant remue- ménageVu par Zibeline

Succès du Grand ménage pour une 6e édition élargie au territoire du sud Luberon - Zibeline

D’ordinaire cantonné au village de Cucuron, Le grand ménage de printemps a changé de saisonnalité et exploré le territoire du sud Luberon pour sa 6e édition.

Avec 2 600 spectateurs sur toute la durée du festival, cette cuvée 2021 du Grand ménage fut un succès ! Malgré une baisse de fréquentation de l’ordre de 30% -attendue et confirmée, en lien avec la situation sanitaire- le déploiement territorial dans six communes du bassin Sud Luberon, nouveauté de cette édition 2021, a répondu aux attentes. Partout, des jauges pleines, portées par un appétit partagé de se retrouver autour de propositions artistiques, dans un espace public enfin réinvesti : « nous avons rencontré un super accueil dans toutes les communes, même celles qui n’étaient pas sollicitées sur les éditions précédentes, telles que Cabrières-d’Aigues ou encore La Tour-d’Aigues », se félicite Éric Muller, programmateur et coordinateur du festival.  Cette 6e édition faisait la part belle aux compagnies locales. Parmi les 13 spectacles proposés, citons plusieurs premières –La belle escorte de La folie Kilomètre, Soaf II de la compagnie de danse Oxyput, ou enfin le projet hirsute Bandits, recréé in situ dans tous les lieux où il est accueilli.

Bandits © E.Lottari

 

Quelques classiques aussi, à l’image des déambulations intimistes du Begat Theater (Histoires cachées), ou encore de l’irrésistible théâtre d’objets de la Cour singulière, mettant un couple de néo-ruraux face aux fougueux assauts de Dame Nature (Tire-toi de mon herbe Bambi !)…

 

Labyrinthe © E.Lottari

 

Tonalité plus grave à Cadenet avec Labyrinthe : en une vertigineuse spirale menant vers l’inéluctable, les trois comédiens de la compagnie Akalmie Celsius emmenait un groupe de spectateurs tourner inlassablement autour du même pâté d’immeubles pour y délivrer leur texte, camper des bribes de vie, narrer la lente gentrification à l’œuvre dans la cité phocéenne. Une fable urbaine, hélas pétrie du fumet de la réalité, qui laissait les yeux humides des comédiens comme des spectateurs, trois ans quasiment jour pour jour après le drame de la rue d’Aubagne. La veille au soir, les danseurs et acrobates du collectif Avaleurs présentaient quant à eux le résultat d’une semaine de résidence dans le charmant village de Vaugines. L’insolite projet porté par Robin Decourcy -chorégraphe, par ailleurs initiateur du concept de trek danse-, à mi-chemin entre marathon performatif et rituel chamanique potache, divisait le public. « Les spectateurs étaient curieux, surpris ou même dubitatifs, mais avec la présence des artistes trois semaines en amont dans le village, la proposition a eu soin de ne laisser personne sur le côté », se réjouissait Éric Muller. À Cadenet dans l’après-midi, deux solos donnaient le « La » des créations 2021 : récit biographique rigolard porté haut la main par Roman Gigoi-Gary (Détachement international du Muerto Coco), Bien reprenons, revenait sur la carrière du musicien, de cours de musique en déboires avec Pôle Emploi, sans oublier le démantèlement inopiné des clichés lors d’une expérience immersive à bord d’un BlaBlaCar. Suivait de près une célébration collective de l’Amour (Pour toujours pour l’instant), dans les roues du fantaisiste Johnny Seyx (Cie Superfluu), véritable Eros sur patins. Lequel, déjà accueilli à Cucuron pour une présentation de son projet en 2019, entérinait par sa présence un partenariat entamé par le Centre culturel Cucuron Vaugines avec la FAI-AR de Marseille, qui se poursuivra à horizon 2022 et au-delà. 

JULIE BORDENAVE
Octobre 2021

Le grand ménage se tenait du 25 septembre au 3 octobre dans six communes du sud Luberon

Photo : Pour toujours, pour l’instant © J-P Daudon