Jusqu'au 28 février, le Musée d’Histoire de Marseille accueille l'exposition "Le cœur d’une ville, urbanisme et patrimoine de Marseille"

(Re)découvrir les beautés du familierVu par Zibeline

• 1 décembre 2015⇒28 février 2016 •
Jusqu'au 28 février, le Musée d’Histoire de Marseille accueille l'exposition

Au musée d’Histoire de Marseille, jusqu’au 28 février, une exposition pour regarder le cœur de la ville et s’émerveiller du quotidien…
Est en train de s’élaborer à Marseille une AVAP*. Conservant les principes fondamentaux de la ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain), l’AVAP a plus particulièrement pour objet la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces, dans le respect du développement durable. Le centre-ville de Marseille, quasiment 600 hectares (comprenant l’amphithéâtre géographique du Lacydon et les quartiers centraux du XIXe), va en bénéficier, occasion parfaite s’il en est pour regarder la Ville, et sa majuscule initiale à l’instar de Rome. L’exposition Le cœur d’une ville, urbanisme et patrimoine de Marseille lui accorde une attention précise et passionnée. Ciment entre les différents services, le travail de recherche, d’élaboration, de concertation a réuni la Ville de Marseille et le Musée d’histoire de Marseille, avec le partenariat de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM), l’École nationale supérieure du paysage Versailles-Marseille (ENSP).
Florence Hannin, urbaniste, architecte de la Ville de Marseille et coordinatrice générale de l’exposition rappelle avec émotion l’enthousiasme des participants à l’élaboration de l’ensemble, les discussions, la bonne entente, la disponibilité, l’intelligence et la passion de tous. «Depuis 2013, l’esprit de partage et de mutualisation des différentes énergies, s’est développé et trouve ici une sorte d’aboutissement.» En introduction, un petit texte précise : «En 2013, Marseille se découvrait belle aux yeux du monde»… et c’est  au cours de sept séquences, sans compter le programme multimédia et son étonnant bestiaire (Du monument au patrimoine/Croissance et destruction au cœur de la ville/L’amphithéâtre marseillais, vues et paysages/Tracés et points de vue/La matière de la ville/Architectures privées/Règles de l’art) que se décline cette beauté que les Marseillais eux-mêmes sont souvent les premiers à ignorer ou à dénigrer. Le quotidien, la familiarité des lieux, sont prompts à ôter la distanciation nécessaire au regard esthétique. Il est remarquable de voir les visiteurs découvrir ou redécouvrir les rues, les places, les jardins, les façades, qui, magnifiquement photographiés, entourés d’œuvres peintes ou de croquis rappelant leur histoire, prennent une dimension autre. Une double frise chronologique met en évidence les diverses mesures prises en faveur de la conservation du patrimoine, depuis le rapport de l’abbé Grégoire en 1794, et celles concernant particulièrement les monuments protégés au cœur de la ville de Marseille. Des cartes (1650, 1720, 1820, 1864, 1866) présentent les étapes de croissance et de destructions du cœur de la ville, brossant le cadre général d’où naissent les autres séquences, délicatesse des jardins, charme des promenades, Allées de Meilhan, cours Belsunce, très élégant, de même que la promenade du Prado, silhouette du pont transbordeur, mâts serrés des voiliers encombrant le vieux port… Les façades à «trois fenêtres» (déterminées comme éléments «d’architecture janséniste» !) s’étagent, les mascarons ornent les portes, les mosaïques fleurissent.
On a le loisir de toucher certaines maquettes et les différentes pierres de construction, dont les origines diverses nous entraînent en de lointains voyages. «J’avais envie d’une exposition sensorielle, où l’on puisse toucher le grain, la peau de Marseille» s’exclame Florence Hannin. La blancheur de la ville joue en réalité sur la riche palette des matériaux : le grès beige de La Ciotat, le porphyre d’Agay, vert anthracite, la pierre de Fontvieille, celle de Cassis, calcaire aux allures de marbre, carreaux de ciment de l’Ardèche, la pierre de la Couronne, la pierre de Calissanne… Au-dessus de tous les panneaux, des citations poétiques, choisies par l’architecte Thierry Durousseau, commissaire scientifique de l’exposition, Chateaubriand, Tacite, Taine, Suarès, Octavio Paz pour qui «l’architecture est le témoin incorruptible de l’histoire». La diversité, la beauté, les marques du temps et de l’histoire, composent ici un ensemble d’exception. Jouxtant le remarquable musée d’Histoire, cette exposition nous apprend à nous émerveiller du quotidien.

MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2015

Le cœur d’une ville, urbanisme et patrimoine de Marseille
jusqu’au 28 février
Musée d’Histoire de Marseille
04 91 55 36 00
www.musee-histoire-marseille-voie-historique.fr

*AVAP : Aire de Valorisation de l’Architecture du Patrimoine, servitude d’utilité publique, née par le biais de la loi du 12 juillet 2010 portant sur l’engagement national pour l’environnement, dite Grenelle II

Illustration : Vue historique de Marseille en ballon, Victor Cassien et Ferdinand Raibaud, lithographie, milieu XIXe siècle © musée d’Histoire de Marseille

Musée d’histoire de Marseille
2, rue Henri-Barbusse
13001 Marseille
04 91 55 36 00
www.marseille.fr