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Vu par Zibeline

R.A.G.E, acronyme littéraire et mystification mystérieuse, et vice-versa...

Rage d’exister

R.A.G.E, acronyme littéraire et mystification mystérieuse, et vice-versa... - Zibeline

Chez les Anges au plafond on joue de tout et avec tous. Comédiens, marionnettes, voire le public, sont au service des spectacles que montent Camille Trouvé et Brice Berthoud, qui sont alternativement à la mise en scène et au jeu. R.A.G.E est le deuxième volet d’un diptyque -commencé avec Les Mains de Camille qui contait l’histoire terrible de Camille Claudel- consacré à la censure. Mais ce sont des biais bien détournés que prend Camille Trouvé, dans la mise en scène de ce spectacle étonnant, pour en parler ! L’acronyme codé du titre dit tout de celui dont il est question, et dont l’histoire sera finement dévoilée ; nous ne divulguerons rien ici, si ce n’est un indice : il est question d’une imposture, de la plus célèbre mystification littéraire du XXe siècle…

Du petit garçon né à Vilnius à l’aube de la Première Guerre mondiale, dont sa mère lui a toujours dit qu’il aurait un destin hors du commun et dont il a scrupuleusement suivi les conseils, au héros de la France libre devenu plus tard diplomate au service de la France, et jusqu’à ses écrits hautement primés, ce personnage fascinant hante la scène et les gradins. Car les points de vue vont se démultiplier dans le jeu très visuel que proposent les sublimes marionnettes de papier et leur manipulateur (magnifique Brice Berthoud, capable d’alterner les voix, les accents et les déplacements des personnages avec une grande aisance), le décor, très mobile, qui signifie les époques par un déploiement d’immenses feuilles de papier sur lesquelles viennent se plaquer des images de toutes sortes, et les voix, multiples et captivantes.

Les vérités racontées ne sont sans doute pas absolues -les bruitages de Xavier Drouault, les musiques de Piero Pépin et les effets magiques de Raphaël Navarro contribuent à les diluer, les brouiller progressivement-, mais, telles qu’elles, sont essentielles dans la construction, la vie !, de cet être qui a passé toute son existence à revendiquer la liberté de création. Le spectacle est total, intime et universel, simplement humain tant il célèbre finalement une seule vérité, celle d’être.

DOMINIQUE MARÇON
Juin 2017

R.A.G.E a été joué les 12 et 13 mai au Théâtre de l’Olivier, à Istres

Photo : © Vincent Muteau


Théâtre de l’Olivier
Avenue Léon Blum
13800 Istres
04 42 56 48 48
http://www.scenesetcines.fr/