Vu par Zibeline

Festival de Toulon au Palais Neptune

Rafraichissement pianistique

Pour son deuxième concert, le Festival de Toulon proposait le 13 novembre au Palais Neptune un programme intitulé Etoiles du Nord  qui faisait la part belle à des œuvres venues du froid à l’exception de l’ouverture Manfred de Schumann qui servit de prélude orchestral aux réjouissances ultérieures. D’abord en demi-teinte, l’Orchestre Philharmonique de Tărgu-Mureş a retrouvé sa superbe sous la direction économe mais efficace de Laurent Brack lorsque Ferenc Vizi est  venu apporter sa pierre à l’édifice. Aussi rare que l’orchestre sous nos contrées, ce pianiste peu médiatique a fait preuve d’une grande générosité en livrant une prestation éblouissante saluée par trois rappels magistraux qui montraient à eux seuls toute l’étendue de son talent : il s’est emparé avec une aisance peu habituelle de styles et d’esthétiques musicales très différents excellant tant dans la période baroque avec le très beau menuet de la partita n°1 de Bach, que dans le répertoire fin XIXème  mis à l’honneur par  le programme. En effet, que ce soit dans le Concerto pour piano en La mineur op. 16 de Grieg comme dans le  fameux n°1 de Tchaïkovsky  son jeu tout en puissance et extrêmement précis a fait mouche piquant au vif les musiciens de l’orchestre les conduisant à se surpasser eux-mêmes. Grâce à un toucher d’une force très expressive mais sans violence aucune, il a également forcé l’instrument à nous livrer toute sa palette dynamique pour mettre en valeur sa virtuosité et l’opulence d’œuvres aujourd’hui synonymes de classiques.

EMILIEN MOREAU

Décembre 2012