Chronique du livre du photographe Sylvain Maestraggi : Marseille, Fragments d'une ville

Raconter la villeLu par Zibeline

Chronique du livre du photographe Sylvain Maestraggi : Marseille, Fragments d'une ville  - Zibeline

La littérature écrite et visuelle consacrée à Marseille n’a cessé de s’enrichir particulièrement avec cette année Capitale de la culture. En suivant ses fragments d’une ville, puisés dans un fonds personnel constitué entre 1996 et 2012, Sylvain Maestraggi donne à voir une ville parcourue dans ses moindres recoins, hors des visions et circuits pittoresques, au plus près des lieux et des gens, vernaculaire voire triviale. Le regard de l’auteur s’avère plus humaniste que documentaire rappelant les photographes de la street photography. La réalisation, libérée des contraintes éditoriales habituelles grâce à un financement par crowdfunding  a permis au photographe et à la graphiste Florine Synoradzki de concevoir une maquette épurée laissant toute la place aux images. Celles-ci, près d’une centaine presque toutes présentées à l’horizontal et proches du format 9×13, se succèdent comme un montage cinématographique parcellaire et elliptique mais suggérant un récit plus englobant. Sauf une courte citation de Walter Benjamin et la liste d’une quarantaine de lieux, l’ouvrage ne comporte aucun texte, pagination, ni légende et datation. Ainsi décontextualisées, certaines photographies ouvrent cette déambulation vers d’autres lieux pour prendre une signification plus universelle mais non idéalisée.

CLAUDE LORIN

Novembre 2013

Marseille, Fragments d’une ville
Sylvain Maestraggi
L’Astrée rugueuse, 28 €