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Vu par Zibeline

La pointe de Quinson en vedette jusqu'au 3 mai au Musée de Préhistoire de Quinson

Quinson’s label

• 2 février 2015⇒3 mai 2015 •
La pointe de Quinson en vedette jusqu'au 3 mai au Musée de Préhistoire de Quinson  - Zibeline

La nouvelle exposition temporaire du Musée de Préhistoire de Quinson ne nous entraîne pas vers de grandes et spectaculaires découvertes entre chaînon manquant et nouvelle espèce inconnue de dinosaure, mais, précise et documentée, s’attache à un de ces points qui peuvent sembler de détail, mais livrent une face passionnante de la recherche archéologique. En vedette, une technique, celle d’une taille si particulière et typée que l’outil produit, en a même un nom : la pointe de Quinson, appellation incluse dans la Typologie du Paléolithique moyen et ancien de François Bordes (préhistorien français connu pour sa contribution majeure à l’étude du paléolithique) en 1961. Cette «pointe triédrique à retouches unifaces bilatérales», la pointe de Quinson, connaît son premier signalement en 1947 par Bernard et Bertrand Bottet, dès leur première publication synthétique des découvertes de la grotte de la Baume Bonne, effectuées lors des fouilles dont ils sont les pionniers. Ils mentionnent alors quatre exemplaires d’un «instrument de type insolite». Dans l’industrie lithique répertoriée alors, ces instruments intriguent. On va en trouver cent quarante cinq sur le site éponyme, les pierres dans lesquelles elles sont taillées sont en grande partie locales, mais d’autres ont été «importées» de beaucoup plus loin. À partir d’une étude précise des pierres, de leurs origines, des formes découvertes dans tout le continent eurasiatique, France, Espagne, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Chine, Kirghizistan, Azerbaïdjan, Corée du Sud, avec un excursus en Israël, on peut retrouver des voies de communication, d’échanges commerciaux, voire culturels. L’étude d’un simple objet permet de reconstituer un monde. Les différentes vitrines de l’exposition de Quinson donnent à percevoir la matérialité de la recherche, son caractère ardu, la nécessité de précision, d’érudition, de patience et d’humilité aussi, du temps nécessaire à la construction d’un savoir qui ne se considère jamais comme définitif, mais un constat à un moment donné des connaissances. Il y a aussi dans cette élaboration la chaîne des savants, des chercheurs, qui se succèdent, transmettent. Chacun, riche de ce qui précède, apporte un nouvel éclairage. On rappelle ainsi Olivier Notter, Claire Gaillard, Jean Gagnepain, Isabelle Dubset dont les travaux permettent l’exposition d’aujourd’hui : pour la première fois, avec la complicité du Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco, le Musée Archéologique de Nice, site de Terra Amata et la commune de Cesseras (Hérault), l’intégralité de la collection des pointes de Quinson est présentée, précisant les aspects technologiques et typologiques. Le catalogue de l’exposition met aussi en évidence l’historique des fouilles de la grotte de la Baume Bonne, souligne l’importance de sa situation géographique, analyse les découvertes, recense les données, illustre avec justesse l’ensemble. Une histoire de caillou ? Certes, mais qui nous apporte une nouvelle appréhension de notre humanité.

MARYVONNE COLOMBANI
Février 2015

La pointe de Quinson, un outil préhistorique d’ici et d’ailleurs
jusqu’au 3 mai
Musée de Préhistoire de Quinson
04 92 74 09 59
www.museeprehistoire.com

À lire
Catalogue de Claire Gaillard et Olivier Notter
collaboration d’Isabelle Dubset
édition Département des Alpes de Haute Provence, 12 euros

Photo : La Baume Bonne, site archéologique majeur du Verdon © Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon