Le Festival du Livre de la Canebière jusqu'au 16 juin à Marseille (divers lieux)

QuinquennatLu par Zibeline

Le Festival du Livre de la Canebière jusqu'au 16 juin à Marseille (divers lieux) - Zibeline

Le 5e Festival du Livre de la Canebière est près de s’achever, et un tournant s’amorce. Cécile Silvestri, qui en assure la direction, le dit franchement : «La Canebière, c’est fatiguant. On se dirige de plus en plus vers des formes itinérantes, ce qui correspond de toutes façons à notre thème initial, le voyage. L’idée est de partir à la découverte de notre propre ville.» L’association Couleur Cactus porteuse de l’évènement déploie énormément d’énergie, et reçoit peu d’aides : «Opter pour le nomadisme allège la logistique, les coûts, favorise les partenariats, permet de mélanger les publics, ce qui est au coeur de notre projet associatif.»
Il est vrai que le format actuel semble avoir atteint ses limites : les libraires présents sur les stands vendent peu, car «les gens n’ont pas d’argent» ; les performances et conférences se font dans des conditions difficiles pour cause de pollution auditive importante, et les organisateurs sont las d’avoir à écarter les «cramés» du quartier ayant élu le kiosque à musique comme pissotière. Dès que le festival prend un peu le large, par contre, le public suit, alors même que la programmation a été étoffée pour l’année capitale. La rencontre littéraire avec René Frégni à l’Anse du Pont de la Fausse Monnaie a été un succès, de même que l’Atelier d’Écriture Nomade. On sent un appétit d’expression personnelle dans la population, de plus en plus prononcé ces dernières années. Parmi les partenariats noués par Couleur Cactus, l’Établissement Pénitencier pour Mineurs de Marseille, qui a créé un Pôle Artistique où l’écrit, «la forme la moins chère et la plus immédiate», est favorisé.
Le dimanche 9 juin, l’atelier d’écriture-peinture-lessive proposé par l’association Tatem collait à merveille au thème de cette édition 2013 : le silence. Secrets légers, colères rentrées, non-dits à crier et maux à effacer ont retrouvé le chemin ancestral du lavoir en Provence. Et l’esprit collectif, ce qui était aussi le point fort de la performance pâtissière d’Özlem Sulak la veille, où chacun par solidarité a pu manger un morceau de livre censuré. Un partage de gâteau évoquant irrésistiblement le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : en assimilant chacun sa part, on préserve le patrimoine de tous.
Le 14 juin, c’est dans le quartier Belsunce à La Compagnie que le festival alliera cinéma et littérature, avec des courts-métrages et des livres filmés (ah, Le petit bal perdu de Bourvil version Philippe Découflé !) avant de migrer le lendemain pour une «journée estaquéenne» à l’invitation de la Mairie des 15e et 16e arrondissements. Et afin de conclure en beauté, quel meilleur présage de futures pérégrinations que d’embarquer à bord du voilier le Don du Vent pour la journée de clôture ?

GAËLLE CLOAREC
Juin 2013

Photo : (c) Marit Roloff

Le Festival du Livre de la Canebière, jusqu’au 16 juin à Marseille, divers lieux

 

La Compagnie
19 rue Francis de Pressensé
13001 Marseille
04 91 90 04 26
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