Retour sur le film Les combattants de Thomas Cailley vu le 3 juin à l'Alhambra en clôture de la Quinzaine des réalisateurs

Question de survieVu par Zibeline

• 3 juin 2014 •
Retour sur le film Les combattants de Thomas Cailley vu le 3 juin à l'Alhambra en clôture de la Quinzaine des réalisateurs  - Zibeline

C’est par un film français mettant en scène des adolescentes des cités (Bande de filles de Céline Sciamma, lire chronique ici et écouter l’entretien avec la réalisatrice ici) que s’était ouverte le 27 mai, à l’Alhambra, la reprise de la Quinzaine des réalisateurs 2014.
C’est par un film français qui suit l’itinéraire de deux jeunes gens de la classe moyenne (Les combattants de Thomas Cailley) qu’elle s’est achevée le 3 juin, en présence du réalisateur et de son producteur, Pierre Guyard. Deux films d’initiation qui, sur des tons différents, parlent du rapport actuel de la jeunesse à la société, des choix à opérer et des luttes individuelles à mener pour inventer sa voie, survivre. Deux films de qualité qui attestent de la vitalité du cinéma d’auteurs en France, le second ayant raflé tous les prix de la sélection cannoise. Thomas Cailley définit Les Combattants, son premier long métrage, comme une «comédie existentielle». Arnaud (Kévin Azaïs) vient de perdre son père et travaille dans la petite entreprise familiale de charpente bois. Madeleine (l’athlétique Agnes Haenel) a abandonné la macro économie et se prépare à l’apocalypse en apprenant des techniques de survie. C’est l’été «évidemment». La rencontre a lieu sur une plage de la côte landaise où l’armée de terre organise des stages d’auto-défense. Premier corps à corps annonçant celui qui, bien plus tard, unit amoureusement les deux protagonistes dans une robinsonnade à la Koh Lanta. Échappée belle solaire rompue par une séquence catastrophe : sous une pluie de cendres, Arnaud fuit l’incendie de la forêt, Madeleine évanouie dans ses bras. Clin d’œil aux films de genre ou au romanesque Autant en emporte le vent ! On rit beaucoup à cette comédie, à la folie de Madeleine, à l’amoureux Arnaud prêt à jouer au petit soldat pour les biceps de sa belle, aux dialogues décalés frisant l’absurde, aux scènes surréalistes comme celle où tournent dans le micro-ondes des poussins congelés, romantique cadeau de Madeleine à Arnaud pour alimenter un furet sauvé des eaux. D’une station balnéaire à un hôpital, le récit sans «graisse» se déroule linéairement, créant des échos entre les scènes, mettant en évidence la continuité des personnages qui selon le cinéaste «se contaminent sans changer vraiment». Il y a toutefois bien apprentissage : l’orangé s’est infiltré dans le bleu glacé du début du film et Madeleine, si elle reste persuadée qu’il faut «rester à l’affût et sur ses gardes»  a appris qu’il est bon aussi de savoir attendre et que survivre ne sert à rien si on ne sait pas pourquoi ou pour qui.

ELISE PADOVANI
JUIN 2014

Le film sort en salles le 20 août

Photo : Les combattants de Thomas Cailley © Haut et court jpeg

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