Vu par Zibeline

Beauté fatale à l'ERACM

Que sont les canons de beauté devenus ?

• 19 décembre 2018⇒21 décembre 2018 •
Beauté fatale à l'ERACM - Zibeline

Comment devenir belle et le rester ? Quelle image des femmes renvoient les miroirs et les regards des autres ? Qu’en est-il de la séduction et du désir ? Comment être bien dans sa peau ? Voilà des questions qui ont interpelé sept élèves-comédiennes de dernière année de l’ERACM (école de comédiens de Cannes et Marseille) qui se sont plongées dans la lecture des conseils de beauté et de séduction sur les sites, les magazines, les revues, les réseaux sociaux… Elles ont tout épluché. Au départ Ana Maria Haddad Zavadinack s’est intéressée à la façon de traiter un phénomène de société au théâtre, et notamment la question de la féminité. Elle a aussi consulté l’essai de Mona Chollet, Beauté fatale, dont elle a emprunté le titre. Elle a proposé à ses six camarades de faire des impros, de se livrer à des questions réponses et peu à peu six portraits de jeunes femmes se sont incarnés avec une théâtralité efficace. Voilà de jeunes comédiennes qui n’ont pas froid aux yeux ni hésité à se mettre en danger avec humour et désinvolture. Ainsi Tamara Lipszyc déambule poitrine nue avec un cran inouï pour essayer des masques raffermissants au miel et à l’œuf pour les seins, et demande aux spectateurs de faire des photos avant/après l’expérience. Eva Perreur exécute un numéro chanté bluffant évoquant Marylin et son fameux « Happy birthday » tandis que Flora Chéreau nous la joue défilé de mode agressif en musique. Toutes se sont investies pour incarner le résultat de leurs interrogations. Quelle attitude avoir face aux injonctions de l’éducation dans notre société ? Comment rester libres ? Quant à la figure masculine, elle n’est présente que par le costume sur cintre brandi par Sophie Claret quand elle se glisse dans une robe de mariée. Histoire de ne pas oublier que toutes les injonctions à la beauté n’auraient qu’un but, tout de même : séduire les hommes. Même si, on le sait, les critères de beauté ne sont pas solubles dans toutes les civilisations. Et comme disaient nos aïeules : « N’est pas beau ce qui est beau, est beau ce qui plaît. » À chacun(e) de se débrouiller avec tout ça…

CHRIS BOURGUE
Janvier 2019

Photo: Beauté fatale © Olivier Quero

Beauté fatale s’est joué à l’IMMS à La Friche de la Belle de mai, du 19 au 21 décembre dans le cadre des projets personnels des futurs comédiens lors de la dernière année de leur cursus.


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