Retour sur le Festival VRRRR qui a invité 12 plasticiens au Musée d'art de Toulon

Quatre fois VRRRVu par Zibeline

• 20 novembre 2015⇒22 novembre 2015 •
Retour sur le Festival VRRRR qui a invité 12 plasticiens au Musée d'art de Toulon - Zibeline

Comme «l’artiste existe hors du vernissage, de la galerie, de l’exposition, du salon, de la foire», Benoît Bottex et Hildegarde Laszak lui ont conçu un nouvel habitat : le Festival VRRR, «un temps manifeste (qui) coince son crayon entre l’individu et le groupe». Ils ont planté le décor au rez-de-chaussée du Musée d’art de Toulon, invité douze artistes plasticiens de Toulon, Paris, Lyon, Morlaix, Marseille, Manchester et Turin, et dix-sept musiciens et compositeurs. Dont certains, fait exceptionnel, sont élèves au CNRR de Toulon ! Le défi ? Créer ensemble «une zone temporaire de Liberté», un espace de création perpétuel car le public assiste, de jour en jour, à des formes évolutives, des performances, des accrochages éphémères.
Au Festival VRRR, l’artiste et l’art sont vivants, palpables. À portée de main de ceux qui souhaitent converser, questionner, comprendre l’acte créatif, percer les mystères techniques. «Le principe est que tout se construit in situ durant trois jours afin de garder une énergie créatrice collective, explique Benoit Bottex. Cette année la scénographie s’inspire de Joseph Beuys : nous avons installé une cage pour enfermer les musiciens, nous l’avons garnie de feutre et de paille pour assourdir les sons. Toutes les performances se déroulent dans cet espace.» Sur de larges tréteaux ou à même les murs, grâce au matériel offert par Clairefontaine et LabelArt, esquisses, ébauche et projets apparaissent progressivement. Ce qui plait visiblement au public (2 500 personnes en 2014) et aux jeunes artistes comme Roca Balboa (Paris), invitée pour la première fois : «J’ai été séduite par le travail d’Hildegarde et par le projet qui défend des valeurs un peu irrévérencieuses sans que ce soit gratuit. Le festival est audacieux car la liberté d’expression est totale.» À 25 ans, diplômée de l’École Estienne en typographie, Roca Balboa a approfondi son travail en explorant l’espace et en exposant quelques dessins au mur. C’est un premier pas : «Je ne suis pas encore dans l’expérimental, dans le travail en direct avec d’autres artistes mais cette dimension-là m’intéresse vraiment.» Pour Léna Durr (Toulon), déjà repérée à la BJCEM 2014 à Ancône, l’enjeu du festival est de présenter le catalogue d’objets hétéroclites qu’elle collectionne depuis son enfance, dans lequel elle puise «l’essentiel des éléments qui contextualisent ses installations et ses mises en scène photographiques». Après une exposition à la Station à Nice et deux résidences au Moulin à La Valette-du-Var et au Lycée agricole de Hyères, Léna Durr exposera son travail en janvier prochain à la Maison de la photographie à Toulon. En attendant, le public la découvre à la table où elle s’exerce au dessin avec quatre couleurs seulement. Certains osent lui parler, d’autres seulement la regarder par peur de la déranger…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Décembre 2015

Le Festival VRRRR s’est déroulé les 20, 21 et 22 novembre à Toulon

www.manoeuvrrrr.fr

photo : © MGG/Zibeline