Vu par Zibeline

Le Sextuor Cattanea dans un parcours éclectique à Trets

Quatre cordes pour six anches

Le Sextuor Cattanea dans un parcours éclectique à Trets - Zibeline

Avec six clarinettes, le concert ne peut commencer que par Mozart, bien sûr, qui lui donna ses lettres de noblesse ! Le Sextuor Cattanea entraîne le public dans un parcours éclectique composé de transpositions et arrangements pour clarinettes et contrebasse. On passe de Strauss qui prend un parfum d’Offenbach, à Saint Saëns et son Éléphant majestueux à la contrebasse, une brillante Danse du sabre de Khatchatourian, à un Oblivion d’une rare émotion, les instruments jouent comme un immense accordéon que Piazzolla n’aurait pas pu renier ! On a des pauses, «comme l’eau attire les canards» ! L’humour et la bonne humeur se partagent, la Panthère rose (Henry Mancini) entre en action, les anecdotes fusent. On retrouve l’indicatif du cinéma de minuit avec Amour et Printemps d’Émile Waldteufel, on part sur les traces de Marc Twain avec le ragtime Mississipi (Krell). Zibeline aimerait bien qu’un John Philip Sousa lui compose une pièce à l’instar du Washington Post… Quel que soit l’univers musical abordé, le groupe s’installe dans le bon tempo et dans l’esprit du texte. Exceptionnelle surtout, la clarinette yiddish d’Hubert Scotto : tout y est, les influences tziganes, balkaniques, les accents, les rythmes, le phrasé, les intonations, qui font de cette musique une fête et une déchirure à la fois. Nul n’est prophète en son pays ? De quoi faire mentir l’adage, Huber Scotto est de Trets, et la salle du château, comble était debout !

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2013

Le concert a été donné le 19 avril à Trets