Tchaïkovski, Stravinski et Camille Pépin à l'Opéra de Toulon

PyrotechnieVu par Zibeline

Tchaïkovski, Stravinski et Camille Pépin à l'Opéra de Toulon - Zibeline

Réputé redoutable, le Concerto pour violon en ré Majeur op. 35 de Tchaïkovski ouvrait idéalement le deuxième concert symphonique de la saison à l’Opéra de Toulon qui avait invité pour l’occasion la jeune violoniste moldave Alexandra Conunova. Sa technique et sa musicalité sont venues à bout de ce monument de la littérature violonistique. Des trilles aux harmoniques, en passant par les doubles cordes, la quasi totalité des possibilités expressives de l’instrument exposées dans ce savant faire-valoir était appréhendées par la soliste avec une gourmandise et une aisance confondantes. Même les passages les plus ardus et virtuoses étaient exécutés avec une simplicité telle qu’on les aurait crus faciles. Le tout fut accompagné comme il se doit par un orchestre attentif placé sous la direction éloquente d’Oksana Lyniv et ponctué par une aérienne « improvisation moldave » au violon seul en guise de bis.

Un talent en appelant un autre, c’est le Concerto pour Harpe et Marimba de Camille Pépin, Aether, créé en première mondiale ce soir-là, qui poursuivait la soirée avec bonheur dans une esthétique post-moderne très répétitive. Même si son vocabulaire mélodique et rythmique semblait moins novateur, c’est dans sa syntaxe que l’on pouvait percevoir un travail original d’orfèvre sur la texture sonore. La préséance du coloris orchestral justifiant l’absence de mise en valeur expressive et virtuose des solistes, Anaëlle Tourret (harpe) et Thibault Lepri (Marimba) se mariaient à l’orchestre dans un costume sonore adroitement taillé et subtilement porté par l’ensemble des interprètes.

Pour finir la soirée en beauté, L’Oiseau de Feu de Stravinski était interprété dans sa version de 1919. Réduite à 5 mouvements, cette suite raccourcie du ballet original n’en révélait pas moins la singularité du langage musical du russe : orchestration dense où prédominent les vents, polyrythmie, métrique irrégulière. Un cocktail explosif restitué avec rutilance par un orchestre dopé aux cuivres. Un enchantement.

ÉMILIEN MOREAU
Décembre 2019

Photo : Alexandra Conunova © Caroline Doutre

Concerts donnés le 29 novembre à l’Opéra de Toulon.

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