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Vu par Zibeline

Nouveau rendez-vous pour les cinéphiles marseillais au Cinéma Les Variétés : le CinéFid

Promenons nous dans les bois

Nouveau rendez-vous pour les cinéphiles marseillais au Cinéma Les Variétés : le CinéFid - Zibeline

Outre le VidéoFID, les cinéphiles auront un nouveau rendez vous mensuel, le CinéFID, au Variétés à Marseille, pour découvrir des films inédits qui n’ont pas d’autre occasion d’être vus en salle -le lieu idéal pour le cinéma, pour des films qui ne sont proposée qu’en VOD-, qui n’ont pas de distributeur… Et comme l’a souligné Jean-Pierre Rehm (délégué général du FID) le 16 mars, on a commencé par la fin : The End, film radical de Guillaume Nicloux, présenté à la 66e Berlinale.

Dès le premier plan, des aboiements ; une route de campagne invite le spectateur à un étrange voyage. Puis dans une chambre, un réveil ; un corps, semblable à une baleine échouée sur un rivage, émerge du sommeil. C’est celui d’un homme dont on ne saura jamais le nom, incarné par Gérard Depardieu. Chasseur, chaussé de bottes épaisses, il embarque chien et fusil et part en 4×4 sur la route du Lapin. Commence alors une longue errance à pied dans une forêt, sur des sentiers où, trébuchant, il jure, râle, où le portable ne passe pas, où il perd son chien, son fusil, ses repères… Une forêt où grouillent tout à coup de gros scorpions, où résonnent des cris de femme, en détresse peut-être ; une forêt où il croise quelques rares personnes, tel ce jeune homme peu sympathique (Swann Arlaud) qui répond laconiquement à ses questions, ou cette femme nue, très maigre (Audrey Bonnet) et assez mutique, qui lui dit seulement « Il n’y a pas la place », pour préciser ensuite « pour mettre deux bites ». Une femme à qui il va confier l’histoire de son divorce et son angoisse de vieillir tout seul.

Vous l’aurez compris, on est dans la forêt des songes, une forêt à la végétation pourtant ordinaire (le film a été tourné dans la forêt de Fontainebleau) avec ses sentiers qui se ressemblent, où l’homme peut tourner éternellement en rond, retrouvant des traces de son passage comme cette bouteille de Schweppes qu’il a fichée dans un tronc. Où l’on peut croiser un lapin : on pense à Lewis Carroll. Ou l’on peut dormir dans une grotte, tel l’ogre des contes ou le monstre des cauchemars. Né d’un rêve dérangeant du réalisateur, le film fait sourdre chez le spectateur une inquiétude quasi métaphysique. « Pour The End, dit Guillaume Nicloux, ça a été presque une question d’écriture automatique, avec l’adrénaline qui nous permet d’atteindre parfois des choses qu’on ne soupçonnait pas. »

The End donne surtout à voir le corps monstrueux et bouleversant du très grand acteur qu’est Gérard Depardieu, avec qui le réalisateur avait eu envie de retravailler dès le tournage de son opus précédent, Valley of Love, et sans qui il n’y aurait pas eu de film.

ANNIE GAVA
Avril 2017

The End a été projeté le 16 mars aux Variétés, à Marseille

Photographie : The End, de Guillaume Nicloux © Les films du Worso


Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
facebook.com/Cinemalesvarietes