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5 ans et toujours plein de fraîcheur, Le grand ménage de printemps !

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5 ans et toujours plein de fraîcheur, Le grand ménage de printemps ! - Zibeline

Les villages de Cucuron et Vaugines, avec leurs ruelles claires et leurs buissons fleuris, ont pour la cinquième fois accueilli Le grand ménage de Printemps, festival des arts en espace public du Sud Luberon. Y passer une après-midi, c’est s’extraire du flot quotidien : déambuler le nez en l’air, pour apprécier les guirlandes colorées qui ornent la Tour de l’Horloge, et tomber soudainement sur un « folambule », en pleine exploration des toitures, façades et balcons. Tel Angelo, le héros du Hussard sur le toit adapté de Giono par Jean-Paul Rappeneau, qui fut tourné en partie ici, Antoine Le Menestrel a crapahuté en hauteur durant quatre jours et trois nuits ! Une performance accompagnée d’un contrepoint sur la chaîne PIC T.V., diffusée simultanément dans la rue au moyen de trois écrans de télévision et sur YouTube. Le reporter Olivier Meissel y interviewait les cucuronnais rencontrés par l’artiste au gré de ses évolutions. Une jolie façon de faire connaissance avec les habitants, bien dans l’esprit de la manifestation, qui invite régulièrement les spectateurs à leur écrire une carte postale, en piochant un nom au hasard dans l’annuaire.

L’expérience du Grand ménage, c’est aussi réviser ses classiques de la plus savoureuse façon, avec les versions détournées, façon théâtre de rue, par le Collectif du Prélude, de l’Avare et de Dom Juan. La compagnie parisienne a fait honneur à Molière : ce n’est pas une mince performance de respecter sa langue, ses tirades connues de tous, sans lui enlever une once de vivacité, mais au contraire en l’irriguant de sang chaud et de spontanéité. De l’Avare, les trois comédiens ont appris tous les rôles ; un membre du public tire la distribution au sort, et les voilà partis pour une heure hilarante, pimentée d’improvisations, d’évocations salaces, et de rébellions. Tout le monde veut jouer le désespoir du pingre, moment de bravoure de la pièce, et on n’est pas à l’abri d’un caprice !

Difficile de prendre la suite de cette prouesse, rodée depuis l’édition 2012 d’Aurillac, avec une création pourtant prometteuse, mais sans le sens du rythme qui fait les meilleurs spectacles de rue. CROC, de la compagnie marseillaise Faire-Ailleurs, a fait retomber l’ambiance malgré l’énergie déployée par ses acteurs (Elsa Mingot et Guillaume Derieu). La faute à une métaphore trop lourde : le Comité de Réintroduction des Ogres en Collectivité évoque sans doute la situation des migrants, mais traiter de l’acceptation de l’étranger demande plus de subtilité, surtout dans une œuvre à deux niveaux de lecture, pour un public mêlant adultes et enfants. On ne gagne pas à tous les coups ! C’est aussi cela qui fait la fraîcheur et l’authenticité d’un festival, et qui permet d’aller débattre des qualités et des défauts de ce que l’on a vu, le soir venu, autour d’une bière ou d’un jus de fruit sous la tonnelle.

GAËLLE CLOAREC
Avril 2019

Le grand ménage de printemps a eu lieu à Cucuron et Vaugines du 17 au 21 avril.

Photo : Avare -c- G.C.