Premier filmVu par Zibeline

 - Zibeline

Le 8 juin, au Théâtre du Golfe, dans le cadre du 31ème Festival du premier film, organisé par La Ciotat Berceau du Cinéma, Frédéric Beigbeder est venu présenter, avec son producteur, L’amour dure trois ans, qu’il a réalisé à partir de son roman écrit quinze ans plus tôt. «Pour dissiper l’angoisse du premier film, il suffit de prendre un sujet banal : l’amour est-il possible ? Cela me rassurait de m’inspirer d’un roman autobiographique. Mon film est un pamphlet contre les aspects ridicules de la passion mais il donne aussi envie d’aimer.»

L’histoire, romanesque, est simple : Marc Marronnier (Gaspard Proust), mondain cynique et dépressif, qui pleure chaque fois qu’il revoit Peau d’âne, vient de divorcer d’Anne (Elisa Sednaoui). Il est sûr que l’amour ne dure que trois ans. Il a même écrit un livre pour le démontrer, mais sa rencontre avec l’explosive Alice (Louise Bourgoin), à un enterrement, va renverser ses certitudes. «Bien sûr, il y a un décalage entre le roman et le film. Par exemple, la publication du roman est une mise en abyme, forme qui est une sorte d’obsession chez moi. À la voix off souvent choisie pour les adaptations, que je n’aime pas, j’ai préféré la voix in et l’adresse au spectateur.»

Le film ? Il est drôle, pétillant et léger. «La légèreté c’est beaucoup de boulot !» Les dialogues sont enlevés et des trouvailles visuelles et de mise en scène émaillent le film : des lapins blancs sur la pelouse porte Maillot alors que les amoureux se déclarent leur amour par des antiphrases, incrustations de SMS sur les images, les plans «vu/pas vu» du pays basque… Les acteurs sont excellents, Valérie Lemercier en éditrice, Joey Starr en «macho» qui tombe amoureux d’un surfeur, Annie Duperey en mère autoritaire, Frédéric Bel, Nicolas Bedos, Bernard Menez ou Jonathan Lambert. Et à la fin du film, le plan de Michel Legrand, le compositeur adoré par le cinéaste, jouant  du piano sur la plage, est superbe.

En faisant ce premier film,  cette comédie, cynique et romantique, celui qu’on a souvent trouvé arrogant, dit avoir appris l’humilité . «J’aimerais bien faire un deuxième film ; j’y ai pris goût.»

Le jury du festival, présidé par Pascal Thomas à qui l’association La Ciotat Berceau du Cinéma a décerné un Louis Lumière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière a fort apprécié ce film puisqu’il lui a attribué le Louis Lumière d’Or du meilleur premier film.

ANNIE GAVA

Juin 2012

La Ciotat Berceau du Cinéma
Hôtel Grimaldi-Regusse
18, rue Adolphe Abeille
13600 La Ciotat
06 23 92 59 52
http://www.berceau-cinema.com/