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Vu par Zibeline

L’Élixir d’Amour de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Toulon

Potion magique

• 22 mars 2019⇒26 mars 2019 •
L’Élixir d’Amour de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Toulon - Zibeline

Pour son antépénultième production lyrique de la saison, l’Opéra de Toulon a choisi de monter L’Élixir d’Amour de Gaetano Donizetti, chef-d’œuvre incontournable du bel canto transalpin, dans une production reprise de l’Opéra Royal de Wallonie. Dans cette représentation, le livret de Felice Romani était intelligemment transposé aux États-Unis au temps de la ruée vers l’or, ce qui n’entravait rien à la vraissemblance du récit et permettait même aux spectateurs de retrouver, au moins visuellement, le mythe du Far West si souvent porté à l’écran. Rien ne manquait dans les décors signés Jean-Guy Lecat, soignés autant que les costumes chatoyants de Fernand Ruiz. Le tout était savament mis en lumière par Sylvain Geerts et l’illusion du western était parfaitement retranscrite sur scène grâce à une abondance de personnages singuliers et hauts en couleur, du militaire à la prostituée en passant par le shériff, et même un cheval et un chien : le spectacle imaginé par le metteur en scène Stefano Mazzonis di Pralafera ne reculait devant rien pour nous offrir un luxe de détails estimable. Prenant ici et là quelques licences avec la partition, cette mise en scène avait tout pour séduire, à l’image d’un Entertainer de Scott Joplin glissé dans une scène ou même de chanteurs prenant à parti le maestro Valerio Galli qui, non content de diriger l’orchestre et le plateau avec brio, leur donnait la réplique avec humour. Malgré une partition aux accents parfois pompiers, l’orchestre s’était bien mis au diapason des chanteurs en évitant la lourdeur. La distribution semblait un peu légère en termes de puissance vocale, mais l’équilibre entre instruments et voix faisait la part belle à ces dernières qu’un jeu scénique et une maîtrise technique compensaient. Lucrezia Drei jouait une Adina (soprano) pleine d’assurance tandis que Santiago Ballerini donnait à son amant Nemorino (ténor) une fragilité idéale. Le comique de cette satire était assuré avec enthousiasme par David Bizic, parfait en Belcore débordant de testostérone, et Pablo Ruiz admirable en Dulcamara à la bonhommie roublarde. Une réussite.

ÉMILIEN MOREAU
Avril 2019

L’Élixir d’Amour a été donné à l’Opéra de Toulon les 22, 24 et 26 mars

Photo: © Jacques Croisier – Opéra Royal de Wallonie-Liège


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