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Retour sur la nuit Léo Ferré, le 14 juillet au Théâtre Toursky

Poétique anarchie

• 14 juillet 2013, 14 juillet 2013 •
Retour sur la nuit Léo Ferré, le 14 juillet au Théâtre Toursky - Zibeline

La vie de Léo Ferré fut un feu d’artifice : amours, passions, joies, déceptions, créations, luttes, révoltes, poésie. Il partit donc un 14 juillet (1993), malgré le symbole qu’il n’aimait pas. 20 ans déjà et ce bel hommage émouvant d’artistes aux horizons si divers, et un plasticien, José Correa, réalisant en direct une incroyable performance sur le poème Y’a plus rien. Réunir un tel plateau était une gageure qu’a su relever Richard Martin, l’ami, le frère. Francis Livon chante Oh Marseille sur des projections de vues anciennes ; le ton est donné, émouvant et festif. 14 mandolines, 5 guitares, contrebasse, percussions, clarinette, le poétique doudouk de Levon Minassian, 4 pianistes talentueux, le violon aérien de Didier Lockwood accompagneront l’univers de Léo. Richard Martin semble transfiguré : «Le vers est musique, le vers sans musique n’est que littérature.» La voix est pleine, exaltée, superbe comme dans ce final vibrant : le Chien. On retiendra l’extraordinaire présence de Sapho et ses compères gitans : l’Affiche Rouge et Avec le temps, alternant français et marocain profane (darija) ; Cette blessure chantée par Angélique Ionatos, prenante ; Michel Bouquet, souverain et caustique dans ses lectures (À une lettre anonyme, À un critique), Philippe Caubère, (Mon camarade) et sa belle voix ensoleillée, les envolées lyriques de Luca Lombardo, au timbre toujours chaleureux (Vera la morte). C’est extra par Caroline Casadesus semblait hors style, interprétation ampoulée et un son saturé. Julien Derouault, Marie-Claude Pietragalla, extraordinairement sensuels, danseront sur La vie d’artiste. Pierre Arditi (vidéo) semblait plus présent que que Michael Lonsdale, fragile et hésitant. Rufus, espiègle, dissertait sur Le style. Très intenses les interprétations de Christiane Courvoisier (La mort des loups) et de Michel Hermon (La Mémoire et la mer). Un sublime désordre régnait ce soir-là, addition d’expressions artistiques sans hiérarchie, comme l’aurait aimait Léo. Ne disait-il pas «Le désordre, c’est l’ordre sans le pouvoir

YVES BERGÉ ET MARYVONNE COLOMBANI

Juillet 2013

La Nuit Léo Ferré a eu lieu au Toursky le 14 juillet

Photo : c Fred


Théâtre Toursky
16 Promenade Léo Ferré
13003 Marseille
04 91 02 58 35
http://www.toursky.fr/