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Pour le meilleur et pour le pire : la conjugalité vue par le Cirque Aïtal

Poésie circassienne

Pour le meilleur et pour le pire : la conjugalité vue par le Cirque Aïtal - Zibeline

La vie de couple est-elle un cirque ? Victor Cathala et Kati Pikkarainen ont visiblement une petite idée sur la question, depuis que ce duo franco-finlandais a fondé le Cirque Aïtal. Avec Pour le meilleur et pour le pire, créé en 2011, ils signent un spectacle en forme de déclaration d’amour. À l’autre et à leur art. Même si l’amour peut être vache. Témoin de leurs scènes de ménage, la voiture. Un partenaire parfois intrusif, souvent défaillant, fil rouge de leurs péripéties circassiennes. Rouge comme cette Simca 1000 qui en fait voir de toutes les couleurs : autoradio capricieux, jantes déjantées, feux caractériels, liquide à essuie-glaces indiscipliné. Même le pot d’échappement devient objet d’acro-duo. Un enchaînement de gags implacables. Si c’est autour de cet engin habité que le couple se chamaille, c’est aussi à travers lui qu’il se réconcilie jusqu’à mettre en scène leurs ébats façon diaporama. On les retrouve tour à tour en baigneurs, garagiste et même danseurs de ballet, sur la route des vacances ou en tournée. La mécanique de l’improvisation est au cœur de l’écriture. Et l’élément terre très présent : côté jardin, une pierre tombale évoque la fragilité de l’existence, côté cour, des fleurs qui poussent en signe d’une renaissance perpétuelle. Sous cette terre qui recouvre la piste apparaît une étoile, symbole s’il en est du monde du cirque. Dans ce cercle va évoluer le duo amoureux pour un final épuré, tendre et sensuel, aussi tellurique qu’aérien. De porté en banquine, de main à main en équilibre, le binôme dote son travail corporel de langage. Un langage poétique, qui raconte une histoire humaine, faite d’incertitudes comme de liens inaltérables.

LUDOVIC TOMAS
Janvier 2019

Pour le meilleur et pour le pire a été joué du 17 au 20 janvier au Village Chapiteaux du Prado, à Marseille

Photo : Pour le meilleur et pour le pire -c- Mario del Curto