Magie poétique et jubilatoire de Zigmund Follies, au toursky jusqu'au 7 novembre

Plongée dans un trou de mémoireVu par Zibeline

Magie poétique et jubilatoire de Zigmund Follies, au toursky jusqu'au 7 novembre - Zibeline

Certes, avec le Zigmund du titre, Zigmund Follies, la référence freudienne est évidente, mais réductrice. Le spectacle de Philippe Genty doit aussi au père de Philémon, Fred ou encore aux œuvres de ce dernier concoctées avec un autre grand de la BD, Alexis, comme Time is money. Le public du Toursky ne se trompe pas, en poussant, grâce au nombre des réservations, le spectacle prévu initialement dans l’espace Léo Ferré, dans la grande salle, adaptée pour l’occasion à la scénographie qui réclame une proximité du public, en raison de la taille des marionnettes. Reprenant le succès des années 83, la Compagnie Philippe Genty met de nouveau en scène les aventures surréalistes de ce conteur dont les pieds et les mains s’octroient une indépendance étrange, moins meurtrière que celle de La main de Maupassant, mais dérangeante tout de même : la main de notre protagoniste fouille poches et portefeuille, tiroirs et lettres avec une indiscrétion pesante jusqu’au jour fatidique où, ayant par inadvertance manipulé une fermeture éclair, elle envoie son propriétaire qui la poursuit, à ‘l’Intérieur’. Le monde alors se miniaturise, se réduit aux marionnettes qui tiennent sur un doigt ou gantent une main (sic)… Un périple onirique et délicieusement loufoque conduit notre personnage, après l’avoir fait voguer sur la mer des souvenirs, affronter ses tempêtes, connaître l’ivresse d’envols impromptus, rencontrer un certain Félix Nial de la police secrète et même la main droite du Ministre de l’Intérieur, jusqu’à l’île de la poste restante dont les lettres se chamaillent à qui mieux mieux… Une horloge bleue digne de Lewis Caroll se joue du temps, prise dans une course contre deux montres. Les mots virent, se prennent au pied de la lettre, se réinventent, vibrent de tous leurs sens, le e muet ne peut parler, et les lignes de fuite portent bien leur nom ! Sans avoir recours à de grands moyens, l’ensemble est manipulé avec une époustouflante inventivité, dans un mouvement fluide, rapide par Éric de Sarria et Rodolphe Serres ou Philippe Richard, selon les représentations. À la fin du spectacle, ils convient les spectateurs à voir les dessous, organisation des objets, secrets de fabrication… Sans rien enlever à la magie poétique et jubilatoire de ce Zigmund Follies !

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2015

Spectacle vu le 3 novembre au théâtre Toursky.

Le spectacle est donné jusqu’au 7 novembre dans ce même théâtre.

Phot © ZF-cr__dit Claire Leroux

Théâtre Toursky
16 Promenade Léo Ferré
13003 Marseille
04 91 02 58 35
http://www.toursky.fr/