Vu par ZibelineLe Festival international des musiques d'écran fait vibrer Toulon et ses alentours

Plein les yeux…et les oreilles

Le Festival international des musiques d'écran fait vibrer Toulon et ses alentours - Zibeline

Comme à l’accoutumée, le FIMÉ a repris ses quartiers d’automne sur le territoire de l’agglomération toulonnaise, avec une fréquentation qui ne se dément pas au fil des ans.

Le 9 novembre, le DJ Ben Vedren habillait une sucrerie Hyéroise sauce années folles. Dans son film de 1928 Biceps et bijoux, Jacques Manuel nous convie à un badinage avec en toile de fond le portrait d’une caste de privilégiés mais aussi d’une époque et d’un lieu. Dans la Villa Noailles à Hyères, on assiste à un aimable divertissement où les commanditaires du lieu et du film s’encanaillent en jouant les voleurs. Une merveille de drôlerie soulignée par un mix tout aussi sucré d’indie pop (Papooz, L’impératrice) de jazz (M. Collignon) et d’électro (Gotan Project). Un cocktail sonore idéal servi ad hoc sur le lieu même du tournage.

Le 11 novembre, Karol Beffa nous accompagnait au cinéma Le Royal voir L’Homme qui rit, drame somptueux de Paul Leni sorti en 1928. Dans ce film expressionniste mettant en scène un personnage monstrueux,  presque pionnier dans la catégorie des Monster Movies et sorte de Freaks avant l’heure, on était frappé par l’humanité du héros rejeté de toutes parts. Passé maître dans l’art de l’improvisation, le pianiste puisait dans un kaléidoscope conséquent de styles (de Bach à Bartók en passant par Ravel, Schumann et Wagner) qui offrait  aux images une résonnance mélancolique inattendue. Un pur moment de poésie.

Le lendemain au Théâtre Liberté, l’Ensemble Ecce habillait d’une musique moderne et multisyntaxique Le Mystère Picasso (1955), film d’Henri-Georges Clouzot en faisant fi de la partition originale d’Auric. Sonorités acoustiques et électroniques se prêtaient idéalement aux images suivant les méandres créatifs du peintre dans un foisonnement sonore singulier, d’une richesse insoupçonnée et aussi imprévisible que la peinture dans sa temporalité.

Comme chaque année, le festival se clôturait dans la joie avec une musique originale aux accents jazzy de Carl Davis sur Safety Last (1923) de F.C. Newmeyer. Suivant au plus près les péripéties d’Harold Lloyd, la partition fut interprétée avec panache par l’Orchestre de l’Opéra placé sous la direction pétillante et alerte d’Hugo Gonzalez-Pioli, rompu à ce répertoire. Une réussite.

ÉMILIEN MOREAU
Novembre 2019

Le Festival International des Musiques d’Écran a eu lieu à Toulon du 8 au 17 novembre

Cinéma Le Royal
2 rue du Docteur Jean Bertholet
83000 Toulon
cineroyaltoulon.com

Opéra de Toulon
Boulevard de Strasbourg
83000 Toulon
04 94 92 70 78
04 94 93 03 76
www.operadetoulon.fr

Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr

Villa Noailles
Montée Noailles
83400 Hyères
04 98 08 01 98
http://www.villanoailles-hyeres.com/