Vu par Zibeline

Le Cabaret new burlesque, de la gaudriole potelée qui reste sensuelle

Plantureuses et joyeuses

Le Cabaret new burlesque, de la gaudriole potelée qui reste sensuelle - Zibeline

Le cabaret burlesque, de la gaudriole ? Et alors ? Faut-il que le sens de la gauloiserie nous revienne des Etats Unis ? Les femmes du Cabaret burlesque jouent et déjouent les clichés du striptease avec un sens du tapage bienvenu. Leurs corps de femmes trop en chair, aux fesses énormes, aux seins très lourds, sont couverts de cellulite, et leurs ventres relachés s’exposent, arrondis et blancs, très très loin des normes ascétiques imposées aux femmes au travers des magazines féminins… Elles ne sont vraiment plus jeunes, se peroxydent avec humour, s’harnachent d’accessoires absurdes, de « bijoux de tétons », de faux cils de trois kilomètres… Et voilà qu’elles dansent, bougent, souples, sensuelles, et osent effeuiller les mythes, s’asseoir à poil dans du champagne, dénuder la Loie Fuller avec ses voiles ; un homme aussi, au corps sculpté quant à lui, fait jaillir de son slip des confettis colorés, exécute un striptease en armure, retire avec des déhanchements absurdes ses gants de fer… Ici le sexe est évoqué sans honte feinte et sans frein, le désir sans culpabilité, et chacun rit, hommes et femmes, jeunes et vieux, lorsqu’elles descendent dans le public fourrer le nez de quelques spectateurs, et spectatrices, entre leurs énormes seins… La succession des numéros d’effeuillage est un peu répétitive, les prestations de la meneuse de jeu qui massacre le français trop peu travaillées mais les vidéos de Pierrick Sorin ajoutent un décalage bienvenu, placent dans des décors de pacotille les numéros débridés, et donnent une vraie théâtralité à l’ensemble. Au final, les femmes mènent leur danse, affirment la joie, maitrisant leur propre objectivation et la menant juste là où elles veulent aller, dans le jeu, la complicité, un rapport au plaisir qu’elles aiment prendre et partager. On entend au sortir de la salle un mari qui dit à sa femme aux rondeurs contraintes : tu vois comme elles sont belles, ces femmes potelées… Là au moins, c’est gagné !

AGNES FRESCHEL
Février 2015

Le Cabaret new burlesque s’est joué au Théâtre Liberté, Toulon, le 13 décembre et au Théâtre du Gymnase du 3 au 7 février


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr