Picasso céramiste et la méditerranée jusqu'au 13 ocotobre à Aubagne

Picasso et la mère méditerranéeVu par Zibeline

• 27 avril 2013⇒13 octobre 2013 •
Picasso céramiste et la méditerranée jusqu'au 13 ocotobre à Aubagne - Zibeline

Si le magnifique catalogue de 224 pages est trop lourd pour visiter l’exposition Picasso céramiste et la Méditerranée à Aubagne, le hors-série Découverte Gallimard écrit par Bruno Gaudichon est idéal. Petit, pratique, thématique et abondamment iconographié, il dit tout sur son aventure de la terre : le rapport du sujet ou du motif au support, l’inspiration tauromachique, «les grecqueries» ou l’Antiquité revisitée, l’enracinement dans la production traditionnelle locale, l’invention permanente… Mais on peut tout aussi bien appréhender le dialogue du maître avec la Méditerranée vierge de toute information tant l’exposition se lit à «œuvre ouverte». Nul besoin donc de savoir que sa visite de l’exposition des potiers de Vallauris en juillet 1946 fut une révélation ou que son installation à Antibes à 65 ans sera un retour aux sources, décisif et foisonnant, pour admirer ces 160 pièces hors normes. Il suffit d’aiguiser son regard pour percevoir dans les formes l’importance des sources antiques ou populaires méditerranéennes : les gourdes portées sur le dos se transforment en insectes, les poêlons à châtaignes deviennent des masques, les tomettes et les lastres sont détournées de leur usage et dans les Tanagra, il réinvente ses propres codes. Pour remarquer la spontanéité des dessins exécutés d’un seul trait car il réalisait ses céramiques en peintre ! Pour s’étonner de la matité ou de la brillance des couleurs déclinées en d’infinies variations comme cette Femme aux cheveux verts de 1948 dont on voit les «accidents de cuisson». Pour saisir l’amplitude des thèmes : les faunes cannibalisent les plats à viande, les pichets, les tomettes ; les motifs tauromachiques envahissent l’arène des coupelles et des plats espagnols ; les poissons et les grappes de raisin comme des natures mortes offertes…

Par une habile mise en perspective de l’ancien et du moderne, et par sa générosité, l’exposition touche les néophytes comme les érudits. À la manière de l’illustre artiste qui légua la majorité de ses pièces aux musées de Malaga, de Barcelone, Céret, Paris, Antibes, et qui travailla main dans la main avec les artisans céramistes de l’atelier Madoura de Georges et Suzanne Ramié à Vallauris. Qui, en pleine maturité, «retrouva ce sentiment d’appartenir à la culture méditerranéenne» et ne cessa jamais d’ouvrir de nouveaux chemins. Jusqu’à sa mort.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Mai 2013

Illustration : Tête de femme (recto), Tête d’homme (verso), 12-8-50. Poêlon à châtaignes, terre cuite rouge chamotte tournée, peinte aux engobes, intérieur sous alquifoux 32,5 x 7,5 cm. Diam. 22 cm. Pièce unique. Coll. part. © Successions Picasso 2012 © Maurice Aeschimann

jusqu’au 13 oct

Chapelle des Pénitents noirs-centre d’art, Aubagne

www.picasso2013.com

 

À lire :

Catalogue, Gallimard, 39 €

Hors-série Découverte Gallimard, 8,30 €

Chapelle des Pénitents Noirs
Les Aires saint-Michel
13 400 Aubagne
04 42 18 17 26
http://www.aubagne.fr/fr/services/sortir-se-cultiver/les-penitents-noirs.html